De pire en pire: 51 % des Britanniques disent maintenant non au Brexit

Malgré un premier accord conclu il y a quelques jours entre l'Union européenne et le Royaume-Uni sur des dossiers chauds, les négociations sur le Brexit sont loin d'être gagnées. D'ailleurs, de plus en plus de Britanniques ne veulent même plus de la sortie de leur pays de l'UE: ils sont maintenant 51 % à y être opposés. C'est le plus grand écart jamais observé depuis le référendum de juin 2016.

Les Britanniques ont voté pour la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne le 23 juin 2016. Le camp du "Leave" l’avait emporté avec 51,9 %, contre 48,1 % pour le camp du "Remain", pro-européen. Sur une participation totale de plus de 72 %. Mais un an et demi plus tard, il semblerait qu'ils ne veulent plus de ce Brexit. Et ils sont toujours plus nombreux à ne plus en vouloir.

En effet, aujourd'hui, 51 % des Britanniques sont opposés à une sortie du Royaume-Uni. C'est ce qui ressort du dernier sondage en date, effectué sur 1.400 personnes par l'institut BMG Research et publié samedi dans le journal The Independent. Pire encore, ils sont à peine 41 % à y être favorables. Cette différence de 10 % entre les anti- et les pro-Brexit est le plus grand écart jamais observé depuis le référendum de juin 2016.

Les abstentionnistes en force

Il faut également noter que 7 % des Britanniques sondés n'ont pas pu se prononcer sur la question de savoir si la Grande-Bretagne devrait rester ou non dans l'Union européenne. De plus, 1 % n'a pas du tout répondu à la question.

Ajoutons à cela, les résultats d'un autre sondage réalisé par BMG Research en octobre. Ceux-ci révélaient que plus de trois quarts des Britanniques pensent que les négociations sur le Brexit vont "mal" et que la stratégie de Theresa May ne fonctionne pas. Dans la même lignée, 67 % des sondés pensent que les négociations vont "assez mal" et "très mal". En fait, seulement 1 % pense que les négociations vont "bien".

Mais comment expliquer cet écart grandissant entre les partisans et les opposants au Brexit? D'après l'institut BMG Research, il est dû aux Britanniques qui n'ont pas participé au référendum. Car ceux qui se sont abstenus de voter l'année dernière préfèreraient, en très grande majorité, rester au sein de l'UE. De l'autre côté, presque toutes les sondés (90 %) qui avaient effectivement voté en 2016 voteraient aujourd'hui de la même manière.

En attendant, le premier accord entre la Première ministre britannique Theresa May et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a été conclu il y a quelques jours. La deuxième phase des négociations, qui porte sur les futures relations commerciales entre les deux parties, est donc ouverte. Le tout pour aboutir à une sortie définitive et complète fin mars 2019.

Une petite accalmie donc dans la période plus que difficile que traverse Theresa May: entre son échec cuisant à ses propres élections législatives et sa perte de majorité au parlement, sa cote de popularité toujours au plus bas et son propre parti qui commence à la lâcher. Les temps sont durs.

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