"Nous sommes des gens sérieux": Charles Michel maintient la sortie du nucléaire en 2025 sous réserve d'objectifs chiffrés

La sortie du nucléaire en 2025, c'est le point de tension du moment au sein du Parlement fédéral. Depuis que la N-VA a refusé d’entériner l'accord, la pression monte autour de Charles Michel dont le parti reste scotcher aux nationalistes, selon ses détracteurs. Charles Michel a défendu son action dans un certain chahut et promet de ne pas rompre ces engagements. A une condition près.

La séance plénière à la Chambre a été pour le moins agitée. En cause le pacte énergétique et la sortie du nucléaire qui en découle d'ici 2025. Malgré l'accord intervenu entre les quatre ministres de l'Énergie de notre royaume, la N-VA refuse de voter pour le projet là où elle est en majorité (gouvernements fédéral et flamand).

Faisabilité

C'est donc le blocage complet. Hier, Charles Michel déclarait ne vouloir "laisser personne torpiller le projet". Aujourd'hui, il nuance quelque peu son propos: "C’est un sujet sérieux et qui ne se prête pas à des approximations et analyses simplistes. Contrairement à ce que j’ai entendu, une décision a été prise par le gouvernement et elle prévoit la sortie du nucléaire en 2025. Je maintiens cet objectif avec détermination."

Il faut comprendre ici que le MR reste en faveur du pacte énergétique, mais qu'il veut d'abord s'assurer de sa faisabilité, remise en doute par la N-VA. Le parti libéral remet aussi la responsabilité sur les entités fédérées qui doivent aussi s'assurer que le texte pour lequel elles ont voté soit réalisable.

Dans ce cadre, le travail va se poursuivre entre les Régions et le Fédéral sur quatre points: la sécurité d'approvisionnement, les effets de tarifs pour les familles et les entreprises, la sécurité des infrastructures et la mobilisation dans les engagements climatiques. Traduction: tout le monde doit s'y mettre pour atteindre l'objectif de la sortie du nucléaire, mais ça ne se fera pas dans la précipitation.

C'était tendu!

Les réactions ont été virulentes tout au long de la séance plénière. Encore une fois, c'est la dépendance du MR à la N-VA qui est pointée du doigt dans l'opposition: "Il y a un parti en Belgique qui contribue à l’issue fatale du réchauffement, c’est la N-VA. Aujourd’hui il y a un gouvernement qui traîne les pieds, c’est le vôtre, sous l’influence de la N-VA." Le tacle est signé Olivier Maingain (DéFi) qui se passerait bien du parti nationaliste pour conclure l'accord.

Même son de cloche chez Jeam-Marc Nollet, chef de groupe Ecolo, qui a accusé le Premier ministre de "plier l'échine devant la N-VA". La réponse, cinglante de Charles Michel n'a pas tardé: "M. Nollet, je vous estime beaucoup. Mais pour le photovoltaïque, on a préféré ne pas le chiffrer et ça a été facturé aux citoyens." Un rappel à l'ordre qui fait référence à un temps où Ecolo faisait partie de la majorité fédérale.

"Votre gouvernement est en lambeaux"

Du côté du PS, Karine Lalieux reproche au Premier ministre "d'avoir fait mine de montrer les dents", mais que la N-VA, qui brillait par son absence, "n'a pas du tout été impressionnée". La cheffe de groupe PS n'y a pas été de main morte: "Votre gouvernement est en lambeaux". Un refrain que le MR a pris l'habitude d'entendre ces derniers temps.

Enfin le député cdH Michel de Lamotte accuse lui le Premier ministre de "vouloir jouer la montre" et de ne pas prendre de "décisions".

Bref, c'était l'ambiance des grands jours dans la plus haute assemblée du pays. La suite se jouera dans les méandres des comités de concertation. Le fédéralisme à la Belge.

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