Quid du vote au Parlement pour le kebab: l'UE voulait-elle vraiment interdire nos bons vieux dürüms?

Non, l'Union Européenne ne veut pas interdire le kebab, ce n'est pas de ça dont il était question aujourd'hui au Parlement. Il s'agissait de légiférer au niveau européen sur l'ajout ou non de phosphates dans la viande kebab. Décidément, tout est une question de mot en -ate ces derniers temps!

Ouf! Tu peux te détendre! Non, tu ne vas pas devoir dire au revoir à ton bon petit dürüm d'après teuf. Car non, les rumeurs ne sont pas confirmées, l'Union Européenne ne veut pas interdire le kebab.

Car récemment, de nombreux médias britanniques ont alarmé l'Europe toute entière en disant que l'UE s'apprêtait à nous priver de notre kebab, mais ce n'est pas de ça dont il était vraiment question.

Ce mercredi, le Parlement européen devait se prononcer sur cette question-ci plutôt: faut-il interdire les phosphates dans la viande kebab ou les autoriser? Il faut savoir que la proposition de la Commission qui date du 25 septembre dernier vise à autoriser les phosphates dans la viande kebab. Pour elle, il fallait légiférer et lever le flou qui existe autour de cette viande qui arrive surgelée dans les snacks. Car en effet, à la base, les phosphates, qui sont utilisés comme agents de saveur et émulsifiants, sont interdits dans les préparations à base de viande, sauf pour certaines préparations comme le jambon cuit par exemple. Et concernant le kebab, il n'y a pas de loi qui régit l'ajout ou non de phosphates par les industriels avant d'envoyer leur broche de kebabs dans les restaurants.

Le phosphate, bon ou mauvais pour le consommateur?

C'est là où le bât blesse, les députés ne sont pas d'accord quant aux effets du phosphate dans la viande sur notre santé. Selon les détracteurs de la proposition de la Commission, le phosphate ne serait pas top pour la santé. Selon une étude scientifique allemande de 2012, il y aurait un lien entre les additifs phosphatés et l'augmentation du risque de problèmes cardiovasculaires. Une autre étude menée en Amérique donne les mêmes résultats, explique le député européen Marc Tarabella (PS) dans Le Soir.

Finalement, l'UE a tranché: le phosphate a été autorisé dans les viandes de kebab. Il n'a manqué que 3 vois pour faire pencher la balance dans l'autre camp, c'était donc très serré.

Pas question d'interdire le kebab

L'idée n'était donc pas du tout d'interdire le kebab, pas comme une députée allemande l'avait laissé entendre il y a quelque temps. En effet, selon elle, la fin du phosphate dans le kebab signifiait la fin des kebabs et donc la perte de milliers d'emplois dans son pays. Mais que l'on se rassure, phosphates ou non, ceux qui le veulent pourront toujours s'en mettre plein la panse quand bon leur semble.

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