Petite victoire pour Trump: son troisième décret anti-immigration a enfin été autorisé

La Cour Suprême des États-Unis a donné ce lundi son feu vert à l'application totale du décret anti-immigration voulu par Donald Trump. La troisième version du texte est donc enfin légale, mais deux audiences en appel sont prévues cette semaine. Lesquelles pourraient encore bloquer le texte. En attendant, c'est un bon jour pour le président américain.

Et de une, et de deux, et de trois! Il aura fallu trois versions différentes du décret anti-immigration de Donald Trump pour que la justice accepte enfin son entrée en vigueur. La Cour suprême a, en effet, autorisé ce lundi l'application dans sa totalité du texte.

Le projet de loi, aussi appelé travel ban, aura traversé un long chemin semé d'embûches, depuis la fin janvier. Après deux tentatives recalées par la justice, ce troisième texte est une version améliorée des deux premiers. Signé le 24 septembre dernier, il prévoit l'interdiction, de façon permanente, d'entrer sur le sol américain aux ressortissants de sept pays (Yémen, Syrie, Libye, Iran, Somalie, Corée du Nord et Tchad), ainsi que la suspension de voyager aux États-Unis aux responsables gouvernementaux vénézuéliens. L'Irak et le Soudan, qui figuraient sur le premier décret, ont donc été retirés de la liste. À la place, la Corée du Nord et le Tchad ont été ajoutés.

Suspendu, autorisé partiellement, puis totalement

Mais la veille de son entrée en vigueur, prévue pour le 18 octobre, le décret avait été suspendu par un juge fédéral du district de Hawaï, Derrick Watson. Puis par un juge du Maryland. Tous deux jugeaient le texte discriminatoire et les arguments invoqués ne permettaient de démontrer en quoi l'entrée sur le territoire américain des plus de 150 millions de ressortissants étrangers visés par le décret "nuirait aux intérêts des États-Unis". Car ce sont surtout les musulmans qui sont ciblés.

Ensuite, le 13 novembre, trois juges de la Cour d'appel de San Francisco avaient partiellement autorisé le texte, retirant du travel ban les "étrangers qui peuvent démontrer une relation authentique avec une personne ou une entité aux États-Unis".

Encore deux audiences en appel

Sur cette petite victoire s'est donc enchaînée une plus grande, puisque la Cour suprême a, elle, statué sur une mise en vigueur complète du décret. Mais il est encore un peu trop tôt pour sortir le champagne, car la justice d'appel doit encore se prononcer sur le texte. Deux audiences sont d'ailleurs prévues cette semaine. Tout peut donc encore arriver.

Il faut aussi noter le contexte très difficile de cette victoire. Après même pas un an de présidence, Trump comptabilisait déjà un bon paquet d'échecs au compteur. Citons à la grosse louche son mur à la frontière avec le Mexique qui n'est toujours pas construit, l'Obamacare qu'il n'a toujours pas réussi à faire annuler au Congrès, son projet de bannir les transgenres de l'armée qui a été suspendu par une juge fédérale, la crise avec la Corée du Nord qu'il a largement contribué à provoquer... sans parler des nombreux membres de son gouvernement qui ont quitté le navire, ou encore du brûlant dossier russe qui attend la Maison-Blanche au tournant.

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