"Un des procès les plus sécurisés", "Un bordel incroyable": le procès de Salah Abdeslam promet déjà

Le procès du terroriste Salah Abdeslam risque d'être l'un des plus sécurisés que la Belgique ait connus dans toute l'histoire de sa justice. Entrée du palais de justice réduite, voitures interdites, contrôles stricts... Prépare-toi à ce que se soit le bordel dans la capitale d'ici quelques jours.

Les 18, 19, 20 et 21 décembre prochains, la tension sera très palpable à Bruxelles. C'est la date à laquelle se tiendra les procès de Salah Abdeslam et de son discret complice Sofien Ayari, tous deux jugés pour "tentative d'assassinat dans un contexte terroriste" dans le cadre de l'affaire de la fusillade de la rue du Dries à Forest le 16 mars 2016. Soit une petite semaine avant les attentats de Bruxelles.

Pour le moment, le terroriste français qui a grandi Molenbeek-Saint-Jean est toujours incarcéré sous haute surveillance dans la prison francilienne de Fleury-Mérogis au sud de Paris. Il sera donc transféré en Belgique pour assister à son procès, soit en hélicoptère comme lors de son précédent transfert depuis la prison de Bruges, soit via un convoi spécial. Quoi qu'il en soit, cela risque d'être un beau bazar dans la capitale, prépare-toi au pire.

Une seule entrée au palais de justice

En effet, la plupart des décideurs du monde judiciaire belge se sont retrouvés jeudi soir pour parler des modalités pratiques. Et les premiers éléments qui ont filtré de cette réunion laissent clairement penser que son procès sera historiquement sans précédent en Belgique, dévoile L'Écho en exclusivité. Une sorte de grande répétition avant les procès de Mehdi Nemmouche (soupçonné d'être l'auteur de l'attentat du Musée juif de Belgique, le 24 mai 2014) et des auteurs des attentats de Bruxelles.

"C’est probablement l’un des procès les plus sécurisés qu’ait eu à connaître la Belgique", avertit ainsi au journal le porte-parole du parquet fédéral, Eric Van der Sijpt. "Ça va être un bordel incroyable", a complété Luc Hennart, président du Tribunal de première instance de Bruxelles.

La police devrait donc mettre en place des conditions de sécurité jamais vues auparavant, surtout aux abords du palais de justice de Bruxelles, place Poelaert. Selon les informations de L'Écho, une seule entrée sera disponible pour tout l'édifice, qui est pourtant l’un des plus grands bâtiments publics au monde. Et encore, ses portes ne s'ouvriront qu'à 8 heures, soit 45 minutes avant le début des audiences du procès de Salah Abdeslam.

Contrôles drastiques et voitures interdites

De même, le personnel, les magistrats et les avocats, qui entrent habituellement sur simple présentation d'une carte de membre, devront alors passer par un scanstraat (détecteur de métaux) renforcé. Tout comme le reste du public. Sauf qu'il faut savoir que 2.000 personnes environ passent quotidiennement les portes du palais de justice, mission impossible donc pour contrôler tout le monde en 3/4 d'heure. "On fera avec", soupire déjà Luc Hennart. Le président du Tribunal de première instance souhaite aussi que le procès soit filmé et retransmis à la presse, qui sera installée dans la salle solennelle de la cour d’appel. Le procès, lui, se tiendra dans la salle destinée aux affaires de terrorisme, au sous-sol du palais.

Note aussi que toutes les voitures seront interdites près du palais de justice: dans la rue aux Laines, sur la place Poelaert, sur les parkings autour du bâtiment, ainsi que dans la rampe menant au quartier des Marolles.

Enfin, le gouvernement a approuvé vendredi le maintien jusqu'au 2 janvier de 1.000 militaires en rue, en renfort des policiers fédéraux. Puisque l’Ocam (Organe de coordination pour l'analyse de la menace) a décidé fin novembre de maintenir le niveau de menace dans le pays à trois sur une échelle de quatre.

Petit rappel

Pour rappel, Salah Abdeslam est le seul survivant du commando des attentats de Paris, qui ont tué plus de 130 personnes le 13 novembre 2015, et de Bruxelles, qui ont fait 32 victimes le 22 mars 2016. Il est soupçonné d'être le locataire de la voiture utilisée pour déposer les trois kamikazes devant le Stade de France où ils se sont fait exploser. Son frère, Brahim Abdeslam, a d'ailleurs participé aux fusillades sur les terrasses parisiennes, puis s'est fait exploser dans un bar tout proche. Les enquêteurs pensent également que la ceinture d'explosifs retrouvée à Montrouge serait celle de Salah Abdeslam, lequel aurait renoncé au dernier moment à se faire exploser. Après 125 jours de cavale, le terroriste français d'origine marocaine a finalement été arrêté le 18 mars 2016 à Molenbeek-Saint-Jean, où il se terrait dans un appartement de la rue des Quatre-Vents.

Un gros dispositif de sécurité à prévoir, mais qui est donc plus que nécessaire pour éviter tout débordement.

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