La vraie fin du nucléaire en Belgique: le pacte énergétique devrait encore sortir cette année, sans le nucléaire

"D'ici 2025, toutes les centrales nucléaires fermeront. Cette fois c'est la bonne." Plusieurs sources haut placées au gouvernement sont claires: le pacte énergétique entre les différents niveaux de pouvoirs sortira cette année. Et le nucléaire n'y aura plus sa place. Le Premier ministre Charles Michel (MR) s'est exprimé clairement sur la question et la résistance de la N-VA semble avoir pris fin au sein du gouvernement flamand. Un moment historique en Belgique pour l'énergie. 

Il est vraiment temps de s'occuper de l'énergie nucléaire dans ce pays. En clair: si les centrales nucléaires devaient effectivement fermer en 2025, comme l'ont décidé les gouvernements précédents, les sources d'énergies alternatives doivent être exploitées très rapidement. L'appel est venu d'Elia la semaine dernière, la société qui s'occupe de distribuer le réseau à haute tension.

La semaine dernière, Elia a mis sur la table les différents scénarios possibles pour le futur énergétique de la Belgique. Mais en réalité, le choix est très simple: soit, on investit de façon radicale dans de nouvelles sources énergétiques, comme les centrales au gaz, soit on conserve quand même deux des centrales nucléaires les moins anciennes. Doel 4 et Tihange 3 pourraient continuer à fonctionner jusqu'en 2025. Dans le premier cas, il faudrait que la construction de nouvelles centrales au gaz soit accompagnée d'un investissement massif dans l'énergie renouvelable. Meaning: beaucoup plus d'éoliennes en mer du Nord et beaucoup plus de panneaux solaires.

En tout cas, l'énergie nucléaire est plus difficile à combiner avec l'énergie verte. Parce que les centrales nucléaires ne peuvent pas être éteintes ou rallumées en fonction des besoins, selon que l'énergie éolienne et l'énergie solaire produisent assez d'électricité. Et cela vaut aussi pour les centrales électriques au gaz. Donc le résultat est que tant que les centrales nucléaires restent ouvertes, le développement de l'énergie verte ne peut pas avancer.

N-VA seule contre quatre ministres de l'Énergie

Le sujet a occupé le monde politique pendant une bonne partie de la semaine dernière, entre autres choses. Des spécialistes de l'énergie de la N-VA ont plaidé à la Chambre et au Parlement flamand pour la sécurité des centrales nucléaires. Mais cela voudrait dire que la sortie du nucléaire serait remise à plus tard. Depuis que le gouvernement violet-vert (Verhoofstadt I) avait mis sur le tapis la sortie du nucléaire en 2000, le débat est revenu chaque année. Et aujourd'hui, on semble enfin voir le bout.

"Il y a eu un accord au sein du Kern: la N-VA se replie. Il suffit de voir ce qu'a dit le Premier ministre lors de l'inauguration d'une nouvelle ligne à haute tension construite par Elia, et le signal est clair. La ministre fédérale de l'Énergie, Marie-Christine Marghem (MR) était également présente et elle a été tout aussi claire. Nous allons faire ce que les autres gouvernements ont promis mais qu'ils n'ont pas réussi à terminer: fermer définitivement les centrales", voilà où cela en est d'après un ministre.

Directement, il y a eu une promesse claire faite par le gouvernement flamand. Parce que ce qu'il y a à comprendre, c'est "qu'il y aura définitivement un pacte énergétique clair avant la fin de l'année". Cela devrait être le plan concret, comme Elia l'a demandé.

Un vent nouveau en Wallonie

Le fait que le plan puisse enfin être mis en place, et que les centrales nucléaires soient effectivement fermées, c'est aussi dû au fait qu'il y a un nouveau gouvernement wallon. En effet, la coalition PS et cdH en place en Wallonie jusqu'en été avait pas mal bloqué les choses. Les socialistes francophones n'avaient pas vraiment envie de s'entendre avec la coalition de centre-droit du gouvernement flamand et encore moins avec le gouvernement fédéral pour tenter de trouver une solution au problème de l'énergie en Belgique.

Mais cela a bien changé lorsque le MR et le cdH ont formé une nouvelle coalition en Wallonie cet été. Sous le nouveau ministre-président wallon Willy Borsus (MR), la coopération avec les autres gouvernements en termes d'énergie s'est améliorée. C'est clair, le ministre wallon de l'Énergie, Jean-Luc Crucke (MR) a insufflé un vent nouveau. Avec son homologue flamand, Bart Tommelein (Open Vld), il a passé le cap: les centrales nucléaires doivent fermer. Et à Bruxelles, c'est la même chose. Céline Fremault (cdH), la ministre bruxelloise de l'Énergie est très "verte", et elle a toujours été en faveur d'une fermeture des centrales.

La N-VA a perdu

La N-VA ne fait donc pas le poids face au petit club de ministres: Marghem, Tommelein, Crucke et Fremault (trois libéraux, et une humaniste). En plus, il n'y aura pas beaucoup d'électeurs pour soutenir la N-VA sur ce point, quand les centrales auront fini par fermer.

Les partisans importants de l'énergie nucléaire, ce ne sont en effet pas les électeurs, mais les patrons, tels que la FEB, et bien sûr Engie, la société qui exploite les centrales. Ceux-ci ne sont pas vraiment ce qu'on peut appeler des alliés naturels de la N-VA. En plus, au sein même du parti, il semble qu'il y ait certaines divergences. Comme par exemple pour Wilfried Van Daele (N-VA), parlementaire flamand, qui lui est depuis longtemps pour une fermeture immédiate des centrales.

"C'est la fin de l'énergie nucléaire en Belgique. Maintenant, il faut se concentrer sur les centrales au gaz, sur l'éolien et l'énergie solaire. C'est un moment historique, car nous serions les premiers à conclure un tel pacte avant tout le monde" selon les propos d'une source au sein du cercle restreint du gouvernement.

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