Pour éviter les scandales, la Wallonie va mettre des caméras dans ses abattoirs

Carlo Di Antonio, ministre du Bien-être animal (cdH), a annoncé plusieurs mesures pour éviter des scandales dans les abattoirs en Wallonie. La principale est l'installation de caméras, pour filmer le comportement des employés envers les animaux. Ces derniers ne sont pas oubliés: de la musique sera diffusée pour couvrir le bruit des abattages.

Est-ce que cela suffira pour les défenseurs de la cause animale? Pas sûr. Mais la Wallonie veut tout mettre en ordre pour éviter des scandales dans ses abattoirs, comme cela a été le cas en Flandre, ou en France, où des vidéos prises en caméra cachée ont montré l'horreur qui se cache derrière la viande dans nos assiettes. En Wallonie, il n'y aura plus besoin de "voler" ces images après les mesures annoncées dans les colonnes du Soir par Carlo Di Antonio, ministre (cdH) du Bien-être animal.

Caméras et formation

Car bientôt, des caméras seront placées dans les abattoirs wallons. Du moins dans ceux affiliés à la Fédération belge de la viande (Febev), ce qui représente 90% des abattoirs wallons tout de même. Les employés seront filmés afin de voir comment ils se comportement avec les animaux, "du déchargement jusqu'à la saignée" précise le Soir: un "flicage" en règle, histoire d'éviter les dérives. Les images seront conservées 14 jours et pourront être consultées par le service wallon du bien-être animal ou l'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire.

C'est la principale mesure de la charte encore en cours de négociations entre Carlo Di Antonio et la Febev dans les abattoirs wallons, mais ce n'est pas la seule. Il y aura également un responsable du bien-être animal dans chaque abattoir (aka un "animal welfare officer"), dont le rôle sera de s'assurer que les mesures pour le bien-être animal soient appliquées. Les employés en contact avec les animaux recevront régulièrement des formations pour appréhender au mieux le comportement des bêtes aussi.

Les animaux ne sont pas oubliés. De la musique devrait être diffusée dans les abattoirs pour couvrir les bruits de leurs congénères mis à mort. Histoire d'éviter de les stresser encore plus.

Gaia sceptique

Ces mesures devrait suffire pour éviter des scandales dans les abattoirs wallons si on en croit Carlo Di Antonio: "La viande a mauvaise presse. Les gens s’en éloignent pour des raisons environnementales et de bien-être animal. Il faut faire en sorte d’établir la plus grande transparence. Il y va de l’intérêt du secteur: il s’agit d’assurer la continuité de son activité. Sinon, plus personne ne voudra manger de viande", explique-t-il au soir.

Pourtant du côté de Gaia, on est plutôt sceptique. "Mais il y a encore de nombreuses zones d’ombre sur l’application des différentes mesures. En outre, nous doutons de leur efficacité à long terme. Par ailleurs, nous regrettons que le texte n’exclue pas l’usage du bâton et de l’aiguillon électrique qui sont utilisés pour maltraiter les animaux conduits à la mort", souligne Ann De Greef, directrice de l’association de défense des animaux.

Carlo Di Antonio précise que cette charte est en cours de finalisation et devrait être signée d'ici la fin de l'année. Mais aucune date officielle pour sa mise en pratique n'a encore été annoncée.

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