La justice a tranché, les cheminots qui ont fait grève devront payer 12,50 euros

Après la fameuse grève du 21 octobre 2014, 81 cheminots avaient été sanctionnés par la SNCB. En désaccord, sept d'entre eux soutenus par la CGSP avaient saisi le Conseil d'État. Celui-ci vient de trancher et maintient définitivement les sanctions. Bizarre?

Aussi étrange que cela puisse paraître, en 2014, 81 cheminots avaient été sanctionnés après avoir participé à la grande grève du 21 octobre. En plus d'une réprimande sévère, 12,50€ avaient été retenus sur leur prime de productivité. Et même si cette somme n'est pas énorme, 7 des 81 cheminots représentés par la CGSP avaient décidé de contester cette sanction. Le Conseil d'État vient de se prononcer et il maintient les sanctions!

Tu veux tout comprendre, voici tous les détails:

L'histoire remonte à la grève du 21 octobre 2014. Ce jour-là, les dépôts de Welkenraedt, Charleroi, La Louvière et Kinkempois se mettent en grève entraînant la suppression totale ou partielle de plus de 150 trains. Après la grève, 81 cheminots se voient sanctionner par HR Rail.

Avec quel motif? Tout d'abord, l'employeur juridique du personnel des chemins de fer invoque l'interruption de travail dans le chef du personnel. Pour les sept cheminots soutenus par le syndicat CGSP, ce motif n'est qu'une simple excuse pour sanctionner une participation à une grève. Sauf qu'on ne peut pas sanctionner une participation à une grève car cela violerait trois droits constitutionnels; la liberté d'expression, d'association et d'action collective comme l'explique la DH.

Ce n'est pas l'unique motif retenu par HR Rail. L'employeur juridique invoque une grève à caractère "émotionnel" dont ni la procédure de sonnette d'alarme ni le préavis de grève n'auraient été respectés. De ce côté, la CGSP est d'accord.

Ce n'est pas tout

HR Rail invoque également la mise en danger des voyageurs à cause du mouvement de grève. Un argument qui étonne les cheminots. Selon eux, si moins de trains circulent (il y en avait quand même 150 supprimés), il est impossible que le danger augmente. Du côté des cheminots, on regrette également la prise de sanctions sans avoir avant procédé à une discussion avec les agents concernés. Un argument réfuté par le Conseil d'État rappelant que le directeur général de HR Rail n'est pas obligé d'entendre les membres du personnel qui ont participé à un arrêt de travail comme l'indique la DH.

Bref, les cheminots n'étaient pas d'accord avec les sanctions prises à leur égard et c'est pourquoi ils ont fait appel au Conseil d'État. Malheureusement pour eux, celui-ci vient de rejeter leur requête et maintient définitivement la sanction, à savoir 12,5€ en moins sur leur prime de productivité. De plus, le Conseil d'État fait payer à chacun des cheminots les frais de procédure s'élevant pour chacun à 900€.

Ça c'est fait!

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