Il y a encore du boulot: les émissions de CO2 ont de nouveau augmenté pour la première fois en trois ans

Entre 2000 et 2014, les émissions de CO2 ont augmenté en moyenne de 2%. Mais depuis 2014, elles étaient restées stables. Ce n'est maintenant plus le cas: les émissions globales de CO2 connaissent un nouveau pic. 15.000 scientifiques tirent la sonnette d'alarme dans le magazine BioScience, un consensus jamais atteint.

Si les émissions de CO2 sont reparties à la hausse, c'est dû en partie aux émissions de la Chine. L'économie chinoise est en plein boum, ce qui favorise sa consommation en charbon et en pétrole. C'est le cas aussi pour les autres pays émergeant. Mais en plus, les émissions de CO2 des pays développés diminuent moins vite que prévu.

Selon le Global Carbon Project, la croissance mondiale est de 2% cette année. Entre 2000 et 2014, la croissance des émissions en CO2 a également augmenté de 2%. Ce qui ne fut pas le cas depuis 2014. depuis trois ans, le taux d'émissions était resté stable.

800.000 ans

Il faut toutefois tempérer ces trois années d’accalmie. Le taux de CO2 n'a pas diminué dans l'air pour autant: le Meteorological Bureau des Nations Unies a même indiqué que la concentration de CO2 dans l'air est aussi importante que sur les 800.000 dernières années. C'est en partie dû au phénomène El Niño. Il empêche les océans et la Terre d'absorber le trop-plein de CO2.

Ces résultats tombent en plein milieu de la COP23 qui se déroule à Bonn en Allemagne. Elle doit donner suite aux engagements pris à Paris en 2015 lors de la COP21. Pour rappel, le but est de maintenir l'augmentation des températures globales en dessous des 2°C d'ici 2100, voire, idéalement, en dessous des 1,5°C. Tout indique pour l'instant que nous n'y arriverons pas, malgré les engagements déjà pris.

15.000 scientifiques nous mettent en garde: du jamais vu

Dans le même temps, le magazine BioScience lance son cri d'alarme. Quelque 15.000 scientifiques de 184 pays s'inquiètent du changement climatique, de la déforestation, de l'extinction des espèces et de la surpopulation.

Un tel consensus n'avait jamais été atteint. La dernière fois que tant de scientifiques ont tiré la sonnette d'alarme, c'était en 1992 avec une lettre signée par 1.700 chercheurs. 25 ans plus tard, ils sont presque dix fois plus.

Tout s'est empiré depuis: le taux d'eau potable par habitant a par exemple diminué de 26% par personne. Parallèlement, les zones pauvres en oxygène dans les océans ont augmenté de 75% sur les 25 dernières années. La population a également augmenté de 35% alors que les reptiles, les mammifères, les amphibiens et les oiseaux ont diminué collectivement de 29%.

Il faut que les choses bougent à Bonn, où le monde entier commence à se rendre compte de la situation. De son côté Jean-Luc Crucke (MR), le ministre du climat, annonce que la Wallonie tiendra ses engagements en termes d'émissions à l'horizon 2020. Mais tout indique que ce ne sera pas suffisant pour atteindre les objectifs de Paris.

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