30 km/h partout dans Bruxelles? Ce pourrait bientôt être le cas si ce nouveau plan régional passe

Le ministre bruxellois de la Mobilité, Pascal Smet (sp.a) et la secrétaire d'État bruxelloise à la Sécurité routière, Biance Debaets (CD&V), ont élaboré un nouveau plan pour la circulation dans la capitale. La mesure phare? Imposer la vitesse maximale de 30 km/h dans toute la Région, principalement pour améliorer la sécurité des piétons et des cyclistes, augmenter la qualité de l'air et rendre plus vivable la capitale.

En ville, tu le sais, la vitesse est généralement limitée à 50 km/h. Sauf aux abords des écoles, où tu ne peux rouler au-delà de 30 km/h. Mais à Bruxelles, le gouvernement régional discute pour modifier les limites de circulation.

C'est, en tout cas, la volonté d'un plan émanant de la secrétaire d'État bruxelloise à la Sécurité routière, Bianca Debaets (CD&V) et du ministre de la Mobilité Pascal Smet (sp.a), sur base d'une proposition lancée au printemps par le député Groen Bruno De Lille. Si l'on ne connaît pas les détails exacts de ce plan, le point le plus important suggère de limiter la vitesse à 30 km/h dans toute la Région bruxelloise, révèle ce matin le journal flamand De Morgen.

"La règle générale"

La zone 30 deviendrait donc "la règle générale". Seules quelques exceptions seront éventuellement possibles sur les axes où le trafic est important, après accord du gouvernement bruxellois, de la police et du bourgmestre de la commune en question.

Pour rappel, le conseil communal de Bruxelles a déjà instauré en 2010 une limitation de 30 km/h à l'intérieur de la Petite ceinture. Quatre ans plus tard, le plan "Sécurité routière" du gouvernement bruxellois exhortait également les bourgmestres des 19 communes à mettre en place des zones 30 les plus larges possibles. Mais cette fois, Pascal Smet et Bianca Debaets veulent aller plus loin, en l'imposant sur toute la Région.

Déjà en Autriche, Allemagne et à Gand

Bruxelles ne serait nullement pionnière en la matière. Ainsi, Graz, la deuxième ville d'Autriche, a été la première ville à appliquer la zone 30 sur tout son territoire, à la fin des années 80. En Allemagne, il y a aussi la grande ville de Munich qui l'a adoptée. Et chez nous, la ville de Gand a mis en place une large zone 30, réduisant ainsi de 4 % le nombre d'accidents en deux ans.

Il reste que le noeud du problème à Bruxelles résidera dans la mise en oeuvre concrète du plan. Car de simples panneaux ne suffiront pas à faire ralentir les automobilistes pressés: il faudra des contrôles. Pour cela, Bianca Debaets souligne que de nombreuses caméras sont déjà en place pour contrôler la zone basses émissions. Elles pourront donc être mises à profit. Et puis, l'argent qui sera récolté des infractions de vitesse sera mis à disposition pour développer des campagnes et des contrôles supplémentaires. Le plan prévoit que les amendes soient traitées par un service externe, plutôt que par le parquet. Le souci, c'est que, pour l'instant, les contrôles de vitesse sont une compétence de la commune et la police locale, et non pas du régional. Il faudra donc que les deux s'entendent sur la question.

C'est la semaine prochaine que le gouvernement bruxellois discutera du plan, mais nul doute qu'il devrait amener de vifs débats. Ainsi, le député et bourgmestre de Koekelberg Philippe Pivin (MR) et son homologue schaerbeekois Bernard Clerfayt (DéFI) ont déjà montré qu'ils n'étaient pas très positifs sur la mesure.

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