Face aux émeutes qui ont eu lieu à Bruxelles, "nous ne pouvions rien faire", dit la police

Le centre de Bruxelles se remet douloureusement des échauffourées qui ont eu lieu samedi soir suite à la qualification du Maroc pour le Mondial 2018. Outre la violence des incidents, le manque d'efficacité de la police est pointée du doigt, car aucune personne n'a été arrêtée. Et ce, alors que le bourgmestre de la ville, Philippe Close (PS), a salué le "professionnalisme" de ses services de police.

Dimanche après-midi, le bourgmestre de la Ville de Bruxelles Philippe Close (PS) a rendu visite aux commerçants du boulevard Lemonnier pour marquer son soutien et leur proposer une réunion avec les forces de l’ordre. Le but? Évaluer la gestion des émeutes qui ont éclaté dans la nuit de samedi à dimanche, suite au match de qualification du Maroc face à la Côte d'Ivoire pour la Coupe du Monde en Russie.

La première réaction du bourgmestre, dimanche matin, a été de condamner les violences qui ont impliqué environ 300 personnes. Mais aussi et surtout de saluer l'intervention rapide des forces de l'ordre, qui ont, selon lui, agi "avec professionnalisme et circonspection". La police "est extrêmement bien formée et était prête (...) Elle a gardé son sang-froid et a donc pu réagir rapidement, ce qui a permis de limiter les dégâts, même si ceux-ci sont évidemment de trop pour les personnes qui les subissent", indiquait-il hier à Belga.

Manque d'effectifs et de préparation

Le souci, c'est que les chiffres donnent une tout autre image de la situation: 23 personnes ont été blessées, dont 22 policiers, de nombreux dégâts matériels sont à déplorer, mais aucun des fauteurs de trouble n'a été arrêté. Un seul suspect a été interpellé hier mais a immédiatement été relâché, faute d'éléments suffisants pour le poursuivre en justice.

De même, les témoignages anonymes de quatre policiers à la VRT soulève de lourdes questions. Tous déplorent le manque d'effectifs sur place et de préparation. Les blocs de béton installés dans le piétonnier ont également compliqué les interventions policières, puisque leurs véhicules ne pouvaient pas circuler librement. Tous les quatre le confirment: "nous ne pouvions rien faire pour arrêter les émeutes", car la situation était totalement hors de contrôle.

Le porte-parole et vice-président du syndicat de police SLFP, Vincent Houssin est, lui aussi, très en colère. "Cela ressemblait à une scène du tiers monde, mais tout s'est passé dans le centre de Bruxelles. Nous n'en pouvons plus du laxisme dans la capitale", a-t-il déclaré au Nieuwsblad. Selon lui, il n'y avait aucun peloton spécifique de prévu. Du renfort venant d'Anvers a même dû être demandé parce que Bruxelles ne disposait pas de troupes en suffisance.

Enquête et appel à témoin

Alors est-ce avant tout un problème politique? Le ministre de l'Intérieur Jan Jambon (N-VA) a, en tout cas, demandé à l'Inspection générale de la police fédérale et de la police locale (AIG) d'ouvrir une enquête pour faire toute la transparence sur les circonstances dans lesquelles s'est déroulée l'intervention policière.

De son côté, la zone de police Bruxelles-capitale/Ixelles demande à la population d'envoyer toutes les images dont elle dispose concernant les émeutes à l'adresse mail "zpz.polbru.info@police.belgium.eu", afin d'identifier les auteurs.

L'enquête est particulièrement importante avant le coup de sifflet d'envoi du Mondial 2018. "Il importe de tout mettre en œuvre pour éviter que ce genre d'incidents ne se répète", insiste Jan Jambon qui espère des résultats et recommandations au plus tôt. À l'enquête donc de déterminer pourquoi aucune arrestation n'a eu lieu.

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