Il y a urgence: plus de 100.000 fausses couches et décès de nourrissons pourraient être évités grâce à un seul vaccin

Non, le streptocoque B, cette bactérie naturellement présente dans l'organisme, ne serait pas si inoffensif. Une nouvelle étude publiée dans la revue médicale "Clinical Infectious Diseases" de l'Université d'Oxford affirme qu'elle causerait, chaque année, 90.000 décès de nourrissons et 57.000 fausses-couches. Un chiffre énorme, qui ne pourrait être diminué que d'une seule façon: un vaccin.

Dans le monde entier, plus de 21 millions de femmes enceintes dans le monde entier sont porteuses de streptocoques B. Soit, une femme sur cinq. Cette bactérie peut se loger naturellement dans le système digestif et dans le vagin, sans que la future maman ne ressente de symptômes. Sauf que les effets du streptocoque B seraient bien plus dangereux que l'on ne pensait jusqu'ici, surtout pour les nouveaux-nés.

C'est ce qu'il ressort d'une vaste recherche, comprenant onze articles, publiée hier dans la revue médicale Clinical Infectious Diseases de la prestigieuse Université d'Oxford au Royaume-Uni. Les chercheurs de la London School of Hygiene and Tropical Medicine (LSHTM), et auteurs de l'étude, estiment que la bactérie est responsable de septicémies et méningites potentiellement mortelles chez les nouveaux-nés.

"Les vaccins sont la voie à suivre"

Pire encore, le streptocoque B causerait, chaque année, 410.000 infections, 90.000 décès de nourrissons et 57.000 fausses-couches. La seule manière de résoudre le problème serait de développer un vaccin. Ce serait même "la voie à suivre". Les chercheurs estiment ainsi qu'un vaccin à 80 % efficace et donné à 90 % des femmes pourrait éviter, à la grosse louche, 231.000 cas d'infection (pas forcément mortelles) chez les femmes enceintes et les bébés.

Le souci, c'est qu'il n'en existe pas pour l'instant. Les scientifiques sont en train d'en développer un, mais il ne sera probablement pas prêt avant plusieurs années. Et encore, il faudrait parvenir à convaincre les anti-vaccins de se faire piquer. Le seul traitement actuel consiste donc à donner des antibiotiques aux femmes au moment de l'accouchement. Ce moyen préventif permet d'éviter 29.000 cas par an, mais surtout dans les pays riches.

En effet, dans les pays pauvres, les femmes sont plus nombreuses à accoucher en-dehors des hôpitaux et n'ont pas toujours les moyens de payer ces antibiotiques. C'est d'ailleurs en Afrique que les chercheurs dénombrent le plus de fausses-couches et de décès de nourrissons liés à une infection par la bactérie, à hauteur de 65 % du chiffre total recensé. Ce qui est énorme, sachant que le continent n'abrite qu'1,256 milliard de la population terrestre totale.

La situation est donc urgente.

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