Que faut-il retenir de la crise catalane jusque maintenant? On voit ça en 8 points

C'est l'incertitude en Catalogne. La dernière semaine a été chargée en émotions, en décisions et aujourd'hui, la situation est plus confuse que jamais. D'un côté, un ex-président catalan qui ne compte pas renoncer, de l'autre un gouvernement espagnol prêt à tout pour ne pas diviser son pays. Au milieu de tout ça, un peuple qui se divise et qui est surtout paumé. 

1. L'incertitude apportée par la journée de samedi

Le gouvernement a donc décidé vendredi d'appliquer le fameux article flou de la constitution, l'article 155 et a repris la tutelle de la Catalogne quelques minutes après l'annonce d'indépendance par le Parlement catalan. Madrid a éjecté le gouvernement catalan, son président et a repris le pouvoir.

2. C'est quoi concrètement cette mise sous tutelle?

Samedi matin, la Catalogne s'est réveillée sous la tutelle de Madrid. Le gouvernement espagnol a emblèmatiquement repris le contrôle de la police catalane et a destitué son chef, Josep Lluis Trapero. On parle également de la mise à pied de 150 hauts responsables de l'administration de la province séparatiste. Aujourd'hui, la province est officiellement dirigée par Soraya Saenz de Santamaria le bras droit de Mariano Rajoy depuis 17 ans.

3. L'ex-président catalan, Carles Puigdemont appelle à "s'opposer démocratiquement"

Vendredi soir, Madrid destituait celui qui est le visage des indépendantistes catalans, Carles Puigdemont. Suite à cette annonce, sur laquelle il ne s'est pas publiquement exprimé, l'ex-président a appelé son peuple à "s'opposer démocratiquement" à la mise sous tutelle de la Catalogne par Madrid. Pour Puigdemont, c'est une atteinte aux droits des Catalans. Il a également déclaré "qu'il continuerait à travailler pour construire un pays libre".

4. Puigdemont risque d'aller en prison

L'organisation du référendum n'était pas légal. Ses résultats n'étaient pas valides ni légaux. Alors que dire de la déclaration d'indépendance qui a eu lieu vendredi? En réalité, tout cela va envers la constitution de l'Espagne et est donc illégal. Le combat qu'a mené Puigdemont est illégal dans son entièreté et pour cela, il risque d'aller 30 ans en prison. Motif? Rébellion contre le gouvernement.

5. Et pourtant, il est appelé par Madrid à participer aux élections du 21 décembre

Malgré tout ça, Rajoy et son gouvernement espère que la crise catalane se règlera en douceur. Madrid a d'ailleurs appelé Puigdemont à courir pour les élections de décembre, a déclaré Inigo Mondez de Vigo, le porte-parole du gouvernement espagnol. "C'est bien, je pense qu'il devrait se préparer pour les prochaines élections", peut-on lire dans les colonnes du Figaro. "Je suis tout à fait certain que si Puigdemont prend part à ces élections, il pourra exercer son opposition démocratique", a encore expliqué Inigo Mendez de Vigo. Pour certains, la convocation de ces élections n'est que reporter le "problème".

6. La Communauté internationale ne reconnait pas la Catalogne

L'Europe est formelle, elle ne soutient pas le mouvement indépendantiste en Catalogne. Depuis le début, l'Union européenne soutient le Rajoy et son gouvernement. Elle a aussi toujours voulu laisser cette situation se régler en interne, car pour l'Europe il s'agit là d'une crise intérieure à l'Espagne et donc qui ne la concerne pas vraiment. Donald Tusk, le président du Conseil européen, a d'ailleurs rappelé que le seul interlocuteur était le gouvernement espagnol et en aucun cas le gouvernement catalan. De nombreuses figures de l'Europe se sont prononcées tour à tour, et ont exprimé leur soutien à Madrid. Il semblerait que le seul pays à s'être exprimé dans un autre sens, soit en fait la Belgique.

7. Les unionistes sortent dans la rue

Aujourd'hui, une manifestation est prévue pour l'unité de l'Espagne, à Barcelone, beaucoup de gens sont attendus. Déjà hier après-midi, des milliers d'unionistes se sont rassemblés à Madrid pour condamner les actions indépendantistes. Leur slogan était d'ailleurs "Puigdemont en prison". Ils ont plutôt été discrets ces dernières semaines, mais face à la décision unilatérale du Parlement catalan de déclarer l'indépendance vendredi, ils ne pouvaient pas rester muets. Selon David qui témoigne pour Europe 1, "Faire une déclaration unilatérale sans structure d'État ni la moindre capacité pour contrôler le territoire, en affrontant en plus l'Etat espagnol... Ça n'est pas réaliste", c'est même un suicide politique a-t-il ajouté. Symboliquement, les unionistes organiseront la manifestation sur le Paseseig de Gràcia, un choix géographique stratégique puisque c'est là que les indépendantistes se sont le plus souvent rassemblés ces dernières années.

8. Les Catalans ne savent plus vers qui se tourner

"Je suis triste et j'ai peur en même temps. Il faut voir où ira la situation politique, mais aussi économique" a confié un médecin de 50 ans au Monde. Les Catalans, sous tutelle depuis samedi matin ne savent plus à qui ils doivent se référer et sont inquiets devant l'incertitude dans laquelle est plongée leur région.

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