Tu peux trembler: un examen d'entrée pour tous pourrait débarquer à l'unif

Un comité d'experts a été chargé de préparer l'enseignement de demain. Parmi leurs 18 propositions à l'horizon 2030, on retrouve ce qui pourrait ressembler à un examen d'entrée à l'université. Faut dire que le taux d'échec est toujours très important chez nous en première année. Parfois à cause du degré de difficultés, souvent suite à une mauvaise orientation. 

65% des étudiants du supérieur rate leur première année. Et c'est un phénomène propre à la Belgique. Outre la difficulté de passer du secondaire au supérieur, la mauvaise orientation des élèves est souvent évoquée. Il n'existe pas non plus d'examen généraliste comme en France avec le baccalauréat, si bien que les niveaux diffèrent d'école en école.

"Tests d'orientation"

Devant ce constat, l'ARES (Académie de recherche et d'enseignement supérieur) a chargé un collège de 12 experts de trouver une solution. Et cela pourrait bien être un examen d'entrée pour tous. Les experts prennent toutefois le soin de les appeler "tests d'orientation". S'il pourrait être obligatoire, le collège n'a pas encore arrêté sa position sur son caractère contraignant. Mais il devrait de toute façon mener à des remédiations et à un suivi individuel de l'étudiant durant son parcours, en plus d'entretiens pour, comme son nom l'indique, orienter l'étudiant.

Chacun de ces tests d'orientation serait spécifique en fonction de la filière choisie par l'étudiant. En parallèle, les experts suggèrent des premières années plus généralistes où l'étudiant aurait encore le temps par la suite de s'orienter: "En première année, l’étudiant pourrait choisir un secteur (sciences et techniques, sciences humaines, sciences sociales, droit et économie, etc.). Le choix du programme de cours se ferait avec l’aide d’un conseiller aux études et s’affinerait à l’issue de deux ou trois quadrimestres.”

La Libre a demandé l'avis de la FEF, mais Maxime Mori, son président, n'est pas tout à fait emballé: "L’utilité d’un test obligatoire n’a jamais été scientifiquement prouvée. Nous le redoutons d’autant plus que là où on l’a instauré précédemment (en polytechnique et en médecine), cela a finalement débouché sur un examen d’entrée."

18 propositions

Ces tests d'orientation font partie d'un rapport plus global de 18 propositions pour l'enseignement supérieur d'ici 2030. Bien d'autres défis se dressent, comme le fait que le nombre de diplômés reste stable depuis 10 alors qu'il y a toujours plus d'inscrits, ou que même avec un diplôme en poche, ce n'est pas toujours simple de trouver un débouché.

Parmi ces 18 propositions, on retrouve, entre autres, la volonté des experts de fusionner les établissements et spécifiquement les hautes écoles qui se font concurrence. Face à la concurrence internationale, il est préconisé aussi de refinancer notre enseignement supérieur. Parce que si la part du budget reste la même, le nombre de deniers publics par étudiant a diminué de presque 20% depuis 2004. Inquiétant.

Les autres points sont très vastes et demanderont encore d'être affûtés et débattus, mais on peut citer par exemple une augmentation des stages, une meilleure appropriation du numérique ou tout simplement une meilleure mobilité.

Si tu veux lire le rapport complet, c'est par ici.

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