Aïe, ça, ça fait mal pour Daesh: Raqqa a été libérée sous le commandement d'une femme

Cette semaine, la capitale du califat de l'État islamique, Raqqa, est tombée. La ville a été libérée par les Forces démocratiques syriennes et à sa tête une femme kurde de 37 ans. C'est son bataillon qui a fait tomber les derniers combattants de Daesh à Raqqa. Le fait que ce soit une femme qui ait donné le coup de grâce ne doit pas être facile à digérer pour Daesh. 

Les Forces démocratiques syriennes, les FDS, sont une coalition militaire active dans la guerre civile syrienne. La coalition s'est formée dans le nord-est de la Syrie en octobre 2015 et reçoit le soutien militaire des États-Unis. Les FDS se battent principalement contre l'État islamique en Irak et au Levant et contre des groupes rebelles islamiques comme Jabhat Fateh al-Sham, un groupe affilié à Al-Qaïda.

La Kurde Rodja Felat est responsable de l'unité des forces des Forces démocratiques syriennes à Raqqa depuis 2013. Pour en arriver là, elle a rapidement fait carrière au sein des Unités de protection de la femme (YPJ pour Yekîneyên Parastina Jin'), la brigade féminine des Unités de protection du peuple (YPG pour Yekîneyên Parastina Gel).

C'est son bataillon qui a fait tomber les 200 derniers combattants de Daesh mardi à Raqqa. Sous sa direction, en mai 2016, la première phase de reconquête de Raqqa avait été déployée et les 15.000 militaires de son unité avaient libéré 23 villages des mains de Daesh.

Pourquoi une femme?

Felat, en tant que l'un des plus hauts commandants, a été étroitement impliquée dans les phases qui ont suivi cette bataille. C'est aussi parce que c'est une femme, que beaucoup d'autres femmes ont décidé de se battre sous son commandement.

C'est l'une des plus grosses craintes des combattants de Daesh que d'être vaincu par une femme. Car ils n'iront pas au viel et il n'y aura pas 72 vierges qui les attendant dans l'au-delà.

L'image de Rojda Felat qui sourit avec le drapeau de la victoire sur la place Naim à Raqqa, où Daesh a récemment fait des exécutions publiques, doit être dure à digérer pour les djihadistes et les islamistes dans le monde entier.

Pas à son premier coup d'essai

Avant de s'engager contre Daesh, Felat s'est toujours battue contre l'oppression des femmes kurdes et syriennes. Elle est également une des représentantes des droits de l'homme en général. "Son caractère est façonné par son envie de se battre pour la liberté des femmes", a déclaré le porte-parole de l'YPG à l'agence de presse AFP. Mais son combat contre Daesh lui a aussi beaucoup coûté. À l'été 2016, un attentat à la bombe à tué 22 membres de la famille Felat alors qu'ils célébraient un mariage.

Mais c'est donc sous sa direction que les derniers combattants de Daesh à Raqqa sont tombés et ça ne fait qu'affaiblir encore un peu le califat.

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