Bienvenue en 2017: pour le ministre marocain des droits de l'homme, les homosexuels sont "des ordures"

Au Maroc, l'homosexualité est toujours considérée comme une pratique illégale. Et ce n'est pas le ministre des droits de l'Homme, Mustapha Ramid, qui va militer pour la défense des droits des homosexuels: pour lui, on parle beaucoup trop de ces "ordures". Honteux.

Mustapha Ramid est à l'heure actuelle toujours ministre des droits de l'homme au Maroc. C'est à se demander pourquoi vu son dernier dérapage. Alors qu’il répondait à une interview de journalistes, Ramid a utilisé le mot "aousakh" qui signifie en arabe "ordure", "détritus", pour évoquer les homosexuels.

"L’acte d’homosexualité est sale et malpropre"

L’information a été révélée par le site lesiteinfo.com. Dans la séquence vidéo accompagnant l’article, on peut observer Mustapha Ramid qui répond aux journalistes au sujet de l’homosexualité. "On parle de trop de ce sujet, on donne trop d’importance aux homosexuels", affirme Ramid devant une caméra. Et lorsque le ministre s’éloigne, énervé, il prononce les mots suivants: "Ce sont des ordures".

Le pire, si l'on peut dire? Il a réitéré ses propos mardi soir sur sa page Facebook officielle. "L’acte d’homosexualité est sale et malpropre", écrit-il, ajoutant que "les actes homosexuels restent un délit puni par le droit pénal marocain et [sont] une pratique dégoûtante".

Pour information, l’article 489 du code pénal condamne la pratique de l’homosexualité au Maroc (considérée comme des actes contre-nature entre des individus du même sexe) avec des peines allant jusqu’à trois ans de prison. Ce n'est pas la première fois que Ramid, ancien ministre... de la Justice, étale son homophobie de la sorte: en 2015, il avait conseillé aux homosexuels de changer de sexe lors d'une émission de radio: "Celui qui a une voix grave masculine, mais se sent femme à l’intérieur n’a qu’à changer de sexe". Classe...

Colère des associations de défense des droits de l'homme

Les déclarations du ministre ont provoqué la colère des associations de défense des droits de l’homme du Maroc qui ont interpellé le roi du Maroc Mohammed IV, rapporte le Huffpost Maroc. "Nous considérons que qualifier de 'saleté' des citoyens marocains comme tout autre citoyen est une violation flagrante de la constitution marocaine, qui, dans son préambule, adopte l'engagement de l'État marocain aux droits de l'homme tel que reconnu internationalement. Le ministre d'État, avec de telles déclarations, encourage l'homophobie", ont déclaré les associations dans un communiqué.

Sauf que le roi ne semble pas très chaud à l'idée de dégager un homophobe assumé de son gouvernement...

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