"Trump est en train d'échouer": il continue à envoyer tout le monde sur les roses et à n'en faire qu'à sa tête

À l'heure où Donald Trump continue son isolement en ne souhaitant pas certifier l'accord nucléaire avec l'Iran et en s'acharnant sur l'abrogation de l'Obamacare, la question de son incompétence est clairement posée. Et avec celle-ci, une autre question: Donald Trump a-t-il conscience de son pouvoir et des limites de celui-ci? 

Le magnat des affaires et aujourd'hui président des États-Unis d'Amérique n'est pas content. Après dix mois de présidence à la Maison Blanche, Trump continue de se heurter au système démocratique et se sent frustré. Selon certains analystes, la décision de Donald Trump de faire cavalier seul avec des annonces enflammées comme celle sur les soins de santé ou sur l'Iran, est le reflet de sa frustration face aux limites du pouvoir présidentiel.

Retour sur ses dernières frasques

Jeudi dernier, Donald Trump s'attaquait encore une fois à la loi sur les soins de santé mise en place par Barack Obama en 2010, l'Obamacare, qu'il n'a toujours pas réussi à faire annuler par le Congrès. Il a donc signé un nouveau décret pour contourner l'Obamacare et permettre notamment aux assurances de proposer des couvertures qui ne prennent pas en compte les soins pédiatriques, obstétriques et psychiatriques. Ce thème de campagne est devenu une véritable obsession pour Trump. En attendant, les démocrates l'ont accusé de faire une crise de colère et de tenter une fois de plus de saboter une loi qu'il n'a pas réussi à remplacer. Selon Chuck Schumer, chef de la minorité démocrate au Sénat, "ayant échoué à faire abroger la loi par le Congrès, le président sabote le système".

De deux choses l'une, moins de 24 heures plus tard, Trump se fait une nouvelle fois remarquer et comme c'était attendu, il condamne l'Iran de gouvernement "fanatique" en même temps qu'il refuse de certifier l'accord nucléaire signé par son prédécesseur. Avec ce coup, Trump, ne se met pas seulement à dos tout le clan démocrate, mais aussi son propre cabinet ainsi que ses alliés européens.

Pour ce politicien novice, faire face à de telles contraintes telles que celles imposées par le Congrès, ce n'est pas supportable. Alors Trump ne vit pas très bien l'idée que ses idées ne soient pas appliquées directement. Or aujourd'hui, il se trouve complètement isolé sur bien des points.

Trump est frustré

Jeudi, le chef de cabinet de la Maison Blanche, John Kelly, a déclaré aux journalistes que "le Congrès a frustré Donald Trump". "Bien sûr que notre gouvernement est conçu pour être lent, et il l'est. Je pense que dans son sens, en tant qu'homme extérieur à l'arène de Washington, en tant qu'homme d'affaires, qui est un homme d'action, je dirais qu'il ressent une grande frustration de ce processus dans lequel il est maintenant." Il a encore ajouté que dans l'optique de Trump "les solutions sont évidentes" et qu'il a du mal avec la lenteur du processus. Dixit, l'homme que l'on soupçonne de vouloir quitter l'administration Trump.

Pour Trump, le fait qu'il se rende compte que ses ordres exécutifs atteignent une certaine limite a parfois mené à de grosses frustrations exprimées notamment via ses tweets incendiaires. Car en effet, "être président des États-Unis, ce n'est pas comme être CEO d'une grosse boîte" et Trump "est très conscient des limites de son pouvoir présidentiel" a déclaré Rick Tyler, un expert politique.

"Je déteste tout le monde à la Maison Blanche"

Dans un mail envoyé au Guardian, Even McMullin, ancien candidat à la présidence indépendant et membre de la CIA, a déclaré "Je pense que les actions du président en matière de soins de santé et par rapport à l'Iran sont les derniers exemples de sa stratégie politique, qui consiste à donner de la viande rouge à sa base de fans pour tenter de la maintenir, comme preuve de son inaptitude et son incapacité à gouverner." "Ce qu'il y a, c'est que sa manière d'agir fait accélérer ce qui commence à devenir plutôt clair, même selon ses proches amis et ses alliés politique, qu'il est en train d'échouer", a encore écrit McMullin.

Les déclarations de McMullin coïncident avec des éléments dévoilés par le Vanity Fair qui citent deux sources qualifiant l'état de Trump aujourd'hui. Vanity Fair s'est notamment entretenu avec Keith Schiller, l'ancien chef de sécurité et garde du corps personnel de Donald Trump. Celui-ci aurait rapporté des propos inquiétants de Trump: "Je déteste tout le monde à la Maison Blanche! Il y a quelques exceptions, mais je les déteste!" En accord avec cette déclaration, plusieurs personnes proches du président ont répété au journaliste Gabriel Sherman, que Trump était instable, "qu'il perdait pied".

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