"Je ne pense pas que c'était raciste": la mannequin noire de la pub polémique de Dove sort du silence

Dove a dû présenter des excuses ce week-end après la diffusion d'une publicité jugée raciste par les internautes. Dans celle-ci, une jeune femme noire enlève son t-shirt pour devenir une femme rousse, qui devient elle-même une femme asiatique. Cette jeune femme noire, c'est Lola Ogunyemi, et elle a donné sa version des faits.

Son visage a fait le tour du monde en quelques jours. Malgré elle, Lola Ogunyemi est devenue "une star". Mais sûrement pas comme elle l'aurait désiré: si tu ne connaissais pas son nom, sache que c'est elle la jeune femme noire qui apparaît en premier dans la publicité "bad buzz" de Dove de ce week-end. Une publicité pour laquelle la marque a dû présenter ses excuses après les accusations de racisme, alors que le spot en entier (voir ci-contre) est moins polémique qu'il n'y paraît.

Elle a "adoré" la pub

Face à cette polémique, Lola Ogunyemi, d'origine nigériane mais née en Grande-Bretagne et qui a grandi aux États-Unis, est sortie du silence.

"Si j'avais eu le moindre soupçon que je sois mise en scène comme la version "avant" d'une prise "avant-après", j'aurais été la première à dire non", explique la jeune femme dans une tribune publiée sur le site web du Guardian. "J'aurais quitté le plateau et j'aurais pris la porte. C'est quelque chose qui va à l'encontre de tout ce que je représente."

Elle affirme avoir "adoré" la pub en question publiée sur Facebook, beaucoup plus courte que celle diffusée à la TV américaine: dans ce spot de 30 secondes, sept femmes "de différents âges et de différentes origines répondaient chacune à la question: 'Si votre peau était une étiquette de lavage, qu'est-ce qu'elle dirait?'". Pas de quoi polémiquer donc.

"Je suis forte, je suis belle"

Pour elle, il y avait "beaucoup d'omissions" dans les accusations de racisme portées contre Dove pour cette pub. Mais comme la marque avait déjà dû s'excuser après des publicités jugées racistes par le passé, elle aurait dû plus réfléchir avoue-t-elle. Ou du moins tenter de s'expliquer. "Ils auraient pu défendre leur vision créative et leur choix de m'inclure moi, une jeune femme noire, comme tête d'affiche de leur campagne. Je ne suis pas simplement une victime silencieuse de cette campagne de beauté erronée. Je suis forte, je suis belle, et je ne serai pas effacée", conclut-elle sur le Guardian.

Invitée ce mercredi matin sur par la BBC, elle est même allée plus loin: "Je ne pense pas que c'était raciste.Toutefois il y a le contexte de la situation et je pense que Dove aurait dû prendre ça en compte étant donné qu'ils ont déjà connu ça avant. Ils devraient avoir des équipes qui peuvent leur signaler." Mais il faut croire que Dove ne s'attendait pas à un bad buzz pareil avec cette publicité.

Déjà lu?