Un gros mensonge de Ryanair? Les vols annulés seraient une bonne affaire financière pour la compagnie

Ryanair est dans l’œil du cyclone ces dernières semaines après les annulations de dizaines de milliers de vols jusqu'en mars. Face aux critiques, la compagnie aérienne se défend et assure que ces annulations sont surtout la conséquence d'une mauvaise gestion du planning des pilotes. Mais selon une étude, beaucoup des vols annulés n'étaient en fait pas rentables. Oups.

Ryanair aurait-il menti aux quelques 715.000 passagers dont les vols ont été annulés jusqu'au mois de mars?

Pour expliquer les premières annulations de septembre et octobre, la compagnie a promis que c'était pour "améliorer la ponctualité" de ses vols. Puis a avoué que c'était aussi à cause d'une mauvaise gestion du planning des congés de ses pilotes que d'autres vols avaient dû être annulés entre novembre et mars.

Mais ce que Ryanair a oublié de dire, c'est que ces annulations seraient également une bonne nouvelle pour ses finances si on en croit une étude du bureau Aviation Analytics, publiée dans la Libre ce mercredi.

8€ de perte par siège

Car 91% des vols n'étaient en fait pas rentables pour la compagnie aérienne. "En moyenne sur les destinations annulées, Ryanair perdait 8 euros par siège, là où la compagnie gagne normalement 3 euros par siège sur l'ensemble de son réseau", explique à la Libre Heidi Stancliffe, auteure de l'étude qui a analysé les vols entre novembre 2016 et mars 2017 sur 23 des 34 lignes annulées (les 11 autres étaient nouvelles) pour en tirer ces conclusions.

Par exemple, sur un vol entre Berlin et Cologne, la compagnie perdait 15€ par siège. Ou encore 29€ (!) par siège pour un vol entre Glasgow en Écosse et Las Palmas aux Canaries. En fait, deux des lignes fermées étaient rentables, deux en équilibre et le reste étaient déficitaires. Ryanair aurait fermé ces lignes histoire de ne pas perdre trop d'argent? Ce qui, en soit, ne serait pas une honte, mais autant le dire tout de suite plutôt que de se chercher des excuses.

Et la Belgique?

"Des rumeurs évoquent un manque de pilotes, mais on peut aussi se poser la question de savoir si ces destinations n'étaient pas destinées à être supprimées et si cette crise actuelle n'offre pas une opportunité à Ryanair d'élaguer quelques maillons faibles de son réseau", ajoute Heidi Stancliffe.

Il faut noter que Ryanair n'a suspendu aucune ligne passant par la Belgique: l'Italie est le pays le plus concerné par les annulations, suivie par le Royaume-Uni, l'Allemagne, la Grèce et la Pologne, explique cette étude. Mais la compagnie a perdu de l'argent sur 22 lignes depuis la Belgique entre septembre 2016 et 2017, ce qui pourrait l'amener à les fermer dans les mois à venir. Ce qui mettrait à nouveau des milliers de passagers dans la galère.

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