Après les polémiques à répétition, le patron de Ryanair sort enfin de son trou et s'excuse

Après des mois de retard, d'annulations de vols, de grèves de pilotes chez Ryanair. Michael O'Leary a été forcé de sortir de son trou. Le patron de la compagnie low-cost a adressé une lettre à son personnel dans laquelle il s'excuse pour le fiasco qu'a connu Ryanair ces derniers mois. 

Michael O'Leary devait sortir de son trou à un moment où un autre. Les derniers mois ont été compliqués pour la compagnie low-cost, et il a enfin décidé d'adresser ses excuses à son personnel mécontent de ses conditions de travail. La Libre a pu se procurer la lettre dans laquelle le patron s'exprime et s'excuse. "Je vous écris pour m'excuser personnellement auprès de chacun d'entre vous pour les perturbations que vous avez vécues dans vos calendriers de jours de congé ces dernières semaines".

C'est clair que des perturbations, le personnel de la compagnie aux couleurs jaune et bleu en a connues ces derniers temps. Car Ryanair a dû annuler pas moins de 20.000 vols et laisser 800.000 personnes sur le carreau à cause du manque de pilotes disponibles les derniers mois. En même temps, O'Leary avait un peu cherché cette situation. Le 21 septembre dernier, il avait ni plus ni moins dit aux pilotes que leur travail n'était pas vraiment fatiguant, qu'il était d'ailleurs plutôt confortable. Pour justifier ces propos, Michael O'Leary s'est expliqué dans sa lettre comme ceci: "Ces critiques ne vous étaient pas adressées, mais aux pilotes et aux syndicats des compagnies concurrentes qui prennent plaisir à dénigrer Ryanair et son succès. Je vous respecte depuis trente ans et vous le méritez".

Après les excuses, les promesses

Le patron de Ryanair s'est non seulement excusé, mais il a aussi proposé une dizaine d'améliorations de conditions de travail. Mais il reste quand même pareil à lui-même et ne se déride pas quand il s'agit de parler de ses principes de base.

Il est dans un premier temps revenu sur ces fameuses primes pour que les pilotes renoncent à leurs 10 jours de congé et restent au moins un an dans la compagnie. Pour lui, cela vaut 12.000 euros pour les commandants de bord et 10.000 euros pour les pilotes de certaines bases. Il a aussi affirmé qu'il alignerait les salaires sur ses concurrents low-cost, comme Jet2 et Norwegian. Il a affirmé que pour attirer les pilotes dans sa compagnie, dans chacune des bases où les compagnies concurrentes sont présentes, il proposera un salaire plus attractif que les autres compagnies.

Il ne laisse pas tomber ses principes

Révolution quand même exprimée dans sa lettre, il semblerait que le CEO ait décidé de s'adoucir quant aux avantages sociaux différents selon les contrats locaux et irlandais pour les employés. Exemple: jours de maladie payés, période d'essai, congé de maternité, etc. Mais que le personnel ne se réjouisse pas trop vite, Michal O'Leary considère quand même que ces contrats restent irlandais. Or, une des revendications et une des raisons de la grève de Ryanair, c'était que les contrats devaient être 100 % locaux selon la base dans laquelle ils travaillent.

Donc, malgré des promesses salariales pour attirer ses pilotes, O'Leary ne fait pas beaucoup de pas en avant. Il a en effet encore nié l'idée d'une représentation syndicale ou la mise en place de négociations globales des pilotes. Il veut continuer à négocier via le système actuel, c'est-à-dire, des représentants base par base.

Et pour terminer sa lettre d'excuse et de promesses (on va dire ça comme ça), le CEO irlandais a ajouté un petit graphique montrant les chiffres de la compagnie Norwegian. Cette dernière s'était vanté il y a quelques temps d'avoir "piqué" 140 pilotes à Ryanair. Ça sonne donc un peu comme une vengeance, puisque le graphique montre une compagnie bien mal en point et au bord de la faillite.

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