La Catalogne réclame toujours son indépendance, Madrid hausse le ton: l'Espagne s'enfonce dans la crise

Le ton monte entre Barcelone et Madrid. D'un côté, Carles Puigdemont, le président catalan, compte toujours déclarer l'indépendance de sa région dans les jours à venir après le résultat du référendum du week-end dernier. De l'autre, le gouvernement espagnol rejette en bloc la possibilité de négocier cette sortie de la Catalogne pour l'instant.

C'est un vrai dialogue de sourds qui s'installe en Espagne entre les indépendantistes catalans et le gouvernement. Après un référendum marqué par les violences policières et une faible participation, les deux parties campent sur leur position et aucune ne semble prête à faire un effort.

Le Roi attaqué

Une nouvelle preuve a été apportée mercredi soir. Carles Puigdemont (photo), le président catalan et "visage" des indépendantistes, s'en est pris au Roi Filipe IV, qui s'était montré très ferme quelques heures plus tôt. "Le roi adopte le discours et les politiques du gouvernement [de Mariano] Rajoy qui ont été catastrophiques pour la Catalogne et ignore délibérément des millions de Catalans qui ne pensent pas comme eux", a asséné Puigdemont, pour qui le Roi a "déçu" ses nombreux partisans en Catalogne.

"Le message que le chef de l'État a voulu adresser à une partie de la population, nous ne pouvons le partager ni l'accepter. Il ignore délibérément les Catalans qui ont été victimes d'une violence policière qui a glacé le sang de la moitié du monde", a continué le président catalan, accusant le gouvernement Rajoy d'avoir refusé les possibilités de médiation proposée par les indépendantistes. Il faut toutefois noter que Carles Puigdemont a pris soin de ne jamais prononcer le mot "indépendance" dans son speech.

"Retirez la menace de la rupture"

Du côté du gouvernement Rajoy, justement, la réponse à ces nouvelles attaques de Puigdemont a été rapide. "Si M. Puigdemont veut parler ou négocier, ou envoyer des médiateurs, il sait parfaitement ce qu'il doit faire auparavant: se remettre dans le chemin de la loi, qu'il n'aurait jamais dû quitter", peut-on lire dans un communiqué officiel publié après l'intervention du président catalan. Pas question de se soumettre "au chantage": "Retirez la menace de la rupture", demande le gouvernement espagnol à son homologue catalan.

Mais la rupture semble profonde et les prochains jours pourraient être encore plus mouvementés. Selon l'AFP, la Catalogne pourrait proclamer son indépendance lundi. Au risque de s'attirer les foudres de Madrid. Mariano Rajoy pourrait être tenté d'utiliser pour la première fois de l'histoire l'article 155 de la Consitution, qui l'autorise à prendre le contrôle d'une communauté autonome (comme la Catalogne) en cas de "non-respect de la Constitution ou d’atteinte grave à l’intérêt général". Une prise de contrôle qui s'effectuerait sûrement alors avec la même délicatesse dont ont fait preuve les policiers le week-end dernier.

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