VIDÉO - On a testé le premier bus sans chauffeur: "Internet et le smartphone, ce n'est rien à côté"

À l'occasion du premier test en Belgique d'un bus sans chauffeur, on a papoté un peu avec le ministre de la Mobilité, François Bellot (MR). Pour lui, pas de doute: les véhicules autonomes seront une plus grande révolution qu'internet et les smartphones. Mais à quoi doit-on s'attendre dans les prochaines années?

C'est donc sur les hauteurs de Malmedy qu'a eu lieu le premier test d'un véhicule sans chauffeur. Si celui-ci pourrait révolutionner nos habitudes en matière de mobilité, la technologie ne devrait pas se généraliser avant plusieurs années.

Les obstacles

Plusieurs soucis subsistent. Ils sont d'abord d'ordre technique: que faire par exemple en cas de mauvaises conditions météo? Les capteurs qui servent à identifier les obstacles pourraient ne pas fonctionner correctement. Ce qui engendre les problèmes liés à la sécurité dans l'habitacle, mais également à l'extérieur.

Ils sont ensuite d'ordre éthique: si un véhicule autonome doit choisir entre plusieurs obstacles, par exemple une personne âgée ou une petite fille, ou d'éviter une voiture plutôt qu'une autre, que fera-t-il? Sans compter les problèmes liés aux assurances.

Tout cela doit encore être discuté, approfondi, amélioré, bref ce n’est pas pour tout de suite.

D'autant qu'il faut que le législatif suive et adopte un code de la route adapté. Il faut ajouter à cela les investissements dans l'infrastructure et un nécessaire changement des mentalités: "Cela sera plus facile pour les jeunes qui trouveront ça naturel", explique le ministre Bellot. Mais quid des personnes plus récalcitrantes, dont l'idée seule de posséder un smartphone leur donne des boutons? La révolution doit aussi se faire dans les têtes.

Au niveau des obstacles, le ministre ajoute encore l’harmonisation au niveau des normes techniques: "Chaque constructeur de voiture arrive avec sa propre technologie, il faut tenter d'harmoniser cela, même au niveau de chaque pays. Si on doit traverser une frontière, il est difficile d'imaginer que tout le monde ne fonctionne pas avec les mêmes normes".

Petits trajets

Mais concrètement, à quoi doit-on s'attendre à court terme? On va y aller mollo: "Les constructeurs de voiture ne seront pas prêts avant trois ou quatre ans", rappelle François Bellot. Elles ne débarqueront donc pas tout de suite sur nos autoroutes.

Il faut d'abord compter sur des projets de plus petite envergure. On peut par exemple imaginer ce genre de bus autonome d'une gare à un parc d'attractions, ou alors pour de courts trajets en ville. Dès 2018, le ministre va se mettre à la recherche des endroits les plus propices.

Ce sera étape par étape donc, même si on est plutôt en avance chez nous: "La Belgique et la Suède sont les deux pays à la pointe en Europe pour ce genre de test", nous rappelle fièrement le ministre. Mais il reste du chemin à parcourir avant de lâcher le volant en toute sécurité. La fin du carnage sur les routes, même si le ministre a d'autres pistes.

Voilà le test en vidéo:

 

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