Rachid Madrane pointe du doigt la réalité du radicalisme dans les clubs sportifs

Le radicalisme au sein des clubs sportifs est une réalité. Rachid Madrane, le ministre en charge de l'Aide à la jeunesse et des Sports en Fédération Wallonie-Bruxelles, l'a confirmé ce lundi matin à nos confrères de la Libre Belgique. Il n'est pas le seul à l'avoir remarqué: Alain courtois, échevin à la ville de Bruxelles aussi a fait part de ses inquiétudes. C'est la première fois que des autorités belges affirment que cette dérive existe bel et bien.

Les clubs de sports, lieux supposés d'intégration, de mixité et de laïcité, ne sont pas épargnés de la radicalisation. L'Etat Islamique impose aux jeunes recrutés d'avoir une bonne condition physique pour rejoindre les rangs des djihadistes, du coup il n'est pas rare de voir dans certains clubs, des recruteurs chargés de radicaliser les jeunes. Cette dérive bien que circonscrite, a été constaté à Bruxelles et pour une fois, les autorités belges l'ont pointé du doigt. C'est Rachid Madrane, le ministre en charge de l'Aide à la jeunesse et des Sports en Fédération Wallonie-Bruxelles, qui confiait l'ampleur de cette réalité à la Libre Belgique.

Le radicalisme au sein des clubs de foot

Alain Courtois, député Premier échevin de la ville de Bruxelles, a noté des pratiques radicales dans certains clubs de foot de la capitale, comme il le raconte à la DH. S'il ne donne pas de noms de clubs, il cite par exemple un club de foot de Neder-Over-Hembeek, où il a dû intervenir parce qu'il y avait une interdiction de servir de l'alcool à la buvette du foot. Ce n'est pas la seule fois où l'échevin a dû agir. Il cite également un autre exemple où certaines personnes lui avaient demandé de supprimer les douches communes. Mais Alain Courtois aussi est catégorique, il ne cédera pas à de telles dérives.

Pas une généralisation

Il précise cependant qu'il ne faut pas tomber dans la "généralisation", mais rester attentif à cet "état de fait". Ce phénomène existe, en particulier dans les lieux clandestins, où se pratiquent des entraînements aux combats, "qui seraient utilisés afin de recruter et de radicaliser des jeunes", déplore-t-il. Cela ne veut donc pas dire que tous les clubs de combat ont des idées radicales et visent à recruter des jeunes pour rejoindre l'Etat islamique, mais pour le ministre des sports, il est primordial d'être conscient que ça peut arriver.

Aucune autorité

Rachid Madrane reconnaît pourtant ne pas avoir l'autorité suffisante pour pouvoir agir: "Nous n'avons pas de pouvoir d'injonction sur des clubs ou des entraîneurs qui ne seraient pas rattachés à une fédération. Nous n'avons pas non plus, en tant qu'autorité sportive, le pouvoir d'intervenir directement dans les salles de sport, et encore moins de les fermer".

Ces obstacles constituent donc un problème majeur pour les autorités, qui en ont conscience mais qui ne peuvent pas intervenir dans les clubs clandestins. Depuis plusieurs mois cependant, le ministre socialiste tente de mieux encadrer les clubs sportifs. Ainsi, pour les fédérations, il existe une charte spécifique relative au code éthique dans le sport et qui met l'accent sur le rejet de tout discours radical violent. Le ministre socialiste ajoute que "la version signée de la charte est affichée dans l'ensemble des clubs".

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