Bernard Wesphael fait son come-back politique: il crée un mouvement qui place le citoyen au centre des débats

Bernard Wesphael veut rebondir dans la vie comme en politique. Acquitté du meurtre de sa compagne Véronique Pirotton il y a un an, l'ancien chef de groupe Ecolo au Parlement wallon entend poursuivre son action au service de la collectivité. Il crée le MDC, le Mouvement pour la démocratie et la citoyenneté. Son but: donner la parole au citoyen et dépasser les clivages politiques traditionnels. Vaste programme.

"Aucune rancœur, mais encore des rêves", l'interview de Bernard Wesphael dans l'Avenir de ce lundi avait donc quelque chose de prémonitoire. Alors qu'il fêtait son anniversaire et qu'il se remet péniblement d'un procès hyper médiatisé, l'ancien homme fort d'Ecolo se lance un nouveau défi politique, rapporte l'Echo ce jeudi.

"Il faut arrêter de prendre les gens pour des cons"

Avec le Mouvement pour la démocratie et la citoyenneté (MDC), il veut donner au citoyen la possibilité de participer au pouvoir. "Il faut arrêter de prendre les gens pour des cons", déclarait-il à propos du jury d'assises qui l'a fait acquitter l'année dernière. La même démarche prévaut ici: "J'ai toujours défendu l'idée de la citoyenneté (...) [Les gens] sont capables de prendre du recul."

C'est pourquoi l'une de ses propositions, regroupées dans un manifeste de 23 pages, vise à "ouvrir le parlement (wallon) aux citoyens". 15% des parlementaires seraient issus de la société civile et au-delà des clivages politiques anciens: "Les citoyens se foutent de savoir aujourd’hui si on est de gauche ou de droite", constatait-il pour l'Avenir. Il veut aussi instaurer un mécanisme de démocratie participative avec des consultations populaires.

Les leçons de la crise de l'été

L'homme de 59 ans, qui en veut toujours à la presse d'avoir bafoué la présomption d'innocence, et au parquet d'avoir fait un procès uniquement à charge, veut réformer la principale assemblée du sud du pays: en plus du fait de réduire le nombre de députés pour laisser la place aux citoyens, Bernard Wesphael veut qu'une "partie significative (un tiers, voire la moitié) des parlementaires puisse être élue au scrutin proportionnel intégral dans une circonscription unique étendue à l’ensemble de la Wallonie", fait-il savoir à l'Echo.

Au niveau des rouages de la politique, il veut limiter l'influence des présidents de parti (le débranchement de prise de Lutgen étant passé par là), et obliger les parlementaires à siéger pour la durée de la législature et au sein du niveau de pouvoir pour lequel ils ont été candidats. Aussi, ne les autoriser à être ministres que dans l'exécutif correspondant. Il faut comprendre ici que c'en est terminé des navettes entre la Région, la Communauté ou le Fédéral.

Décroissance

Au niveau des mandats, on notera aussi l'influence des crises du printemps dernier (Publifin, Samusocial, ISPCC). Bernard Wesphael veut limiter le nombre de mandats parlementaires et de bourgmestre à deux.

Enfin au niveau économique, constatant l'hyper-financiarisation de l'économie, les politiques d'austérité et le démantèlement des solidarités, il plaide pour la décroissance, la relocalisation des activités et une diminution du temps de travail. Sans oublier la digitalisation de notre économie et de la nécessaire transition énergétique. Des idées que l'on retrouve un peu partout, mais dispersées dans le paysage politique actuel.

Concrètement, Bernard Wesphael entend déposer "une liste citoyenne pour 2018" dans sa commune d'Awans. Pas forcément pour devenir bourgmestre, promet-il. Mais pour apporter son expérience et faire d'Awans, "une des communes les plus vertes de l’arrondissement liégeois".

Déjà lu?