Bonne nouvelle! La Wallonie relance le projet de créer un centre belge de recherche qui n'utilise aucun animal

Les choses vont peut-être bientôt bouger en Belgique. Le PS, le MR et le cdH se sont entendus au parlement wallon pour demander au Fédéral, à Bruxelles et à la Flandre de relancer le projet commun de créer le premier centre de recherche qui utilise d'autres méthodes que l'expérimentation animale. Une bonne nouvelle pour tous les amis des animaux, mais est-ce que les scientifiques seront prêts?

Plus de 600.000 animaux sont utilisés dans les laboratoires chaque année en Belgique, selon l'association Gaia. Il s'agit essentiellement de souris, cobayes, lapins et poissons. Des petites avancées ont déjà été réalisées ces dernières années, comme l'interdiction totale en Europe de tester des produits cosmétiques sur les animaux et de vendre ces produits (depuis mars 2013), ou encore l'interdiction en Belgique de mener des expériences sur certains animaux tels que les grands singes (depuis 2008) et les primates anthropoïdes (depuis 2009). Mais c'est loin d'être assez pour les défenseurs de la cause animale.

Bonne nouvelle, les choses risquent enfin de bouger un peu plus. En effet, la majorité MR-cdH et le PS, reléguée dans l'opposition, se sont entendus au parlement wallon pour interpeller le Fédéral, la Flandre et Bruxelles sur un projet laissé à l'abandon depuis 2009: la création du premier centre belge qui utilise d'autres techniques que l'expérimentation animale.

Un réseau inter-fédéral pour promouvoir d'autres méthodes

Les trois partis politiques ont même déposé une proposition de résolution dans ce sens, à l'initiative du député wallon et Président de la Fédération germanophone, Edmund Stoffels (PS). Et celle-ci a été approuvée à l'unanimité lundi en commission de l'Environnement, selon les informations de La Libre.

Concrètement, il s'agira de créer un réseau (ou centre) inter-fédéral pour promouvoir, voire développer, des méthodes de recherche scientifique qui n'utilisent pas d'animaux, "lorsque celles-ci existent". De plus, le ministre en charge du Bien-Être animal, Carlo Di Antonio (cdH), entend donner plus d'indépendance aux commissions d'éthique, à travers son projet de Code du Bien-Être animal. Car parmi les membres qui donnent le feu vert aux projets d'expérimentation, on trouve parfois le responsable du laboratoire, voire le chercheur en question.

La communauté scientifique pas encore prête

Le hic, c'est que ces moyens alternatifs, justement, les chercheurs ne les ont pas encore vraiment, surtout dans le domaine médical (médicaments, cancers, maladies immunitaires, etc.). Voilà tout l'intérêt d'un tel centre belge.

En juillet déjà, la communauté scientifique tirait la sonnette d'alarme sur le projet de Carlo Di Antonio, qu'elle trouvait "vague", "immature" et "un danger pour la santé humaine". Pierre Drion, le secrétaire de la commission d'éthique de l'Université de Liège, expliquait d'ailleurs au Soir: "On espère tous pouvoir abandonner l’expérimentation animale et passer à des modèles sur ordinateurs". Mais il y a un souci de timing: "Cela doit se faire au bon moment. Nous avons l’impression qu’on veut précipiter les choses pour des raisons philosophiques", notait-il encore.

Deux mois après, la situation est toujours la même: doit-on précipiter les choses et mettre l'accent sur la protection des animaux ou, au contraire, faire primer la santé humaine faute de méthodes de substitution dans les laboratoires?

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