Un paradoxe de taille pour le vote d'extrême droite en Allemagne: à gauche le nombre d'étrangers, à droite le vote AfD

Ce weekend, il ne t'a pas échappé que c'était les élections en Allemagne. Si Merkel a gardé la main, elle devra constituer une nouvelle majorité. L'autre souci c'est la montée de l'extrême droite allemande. Le parti nationaliste de l'AfD débarque au parlement, une première depuis 1945.

C'est un véritable choc pour le pays. Pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, un parti ouvertement nationaliste fait son entrée au Bundestag. L'AfD, un parti qualifié d'extrême droite et opposé à la politique migratoire d'Angela Merkel, a réalisé une percée historique: il a recueilli 12,6% des voix et devient ainsi le troisième parti du paysage politique allemand. Ils seront donc 94 députés à rejoindre les rangs du parlement allemand.

Cela signifie que pour "la première fois depuis 70 ans, des nazis vont s'exprimer au Reichstag", le bâtiment qui abrite la chambre basse du Parlement, a pesté le ministre des Affaires étrangères et figure des sociaux-démocrates, Sigmar Gabriel.

L'AfD n'a cependant aucune chance de participer au gouvernement d'Angela Merkel, elle qui arrivée en tête des votes avec L'Union chrétienne-démocrate (CDU) et ses 33%. Avec les verts (Grünen) et les libéraux (FDP), la Chancelière allemande devrait créer une nouvelle coalition, moins favorable pour elle, mais qui exclut l'extrême droite allemande. Un mal pour un bien, même si justement, libéraux et écologistes ne s'entendent pas sur la politique migratoire à mener.

Détail amusant (ou effrayant c'est selon), la carte du vote AfD est inversement proportionnelle au nombre d'étrangers présents sur le territoire allemand. Un détail que n'a pas manqué de dénoncer Ali Utlu, membre de la FDP.

Raciste, l'Allemagne de l'Est?

Alors bien sûr, un tas de raisons explique pourquoi un vote contestataire contre les étrangers est plus important à l'Est de l'Allemagne. Il y a plus de précarité et l'histoire propre de la RDA peut amener quelques éléments d'explication. Les gens à l'Est se sentent aussi plus exclus de la mondialisation, ils pensent n'en vivre que les travers.

Pour beaucoup de votants ayant opté pour l'AfD, il s'agit tout autant d'un vote contestataire que d'un vote de rejet des migrants et des étrangers. Les Allemands les plus précarisés pensent faire les frais de la politique d'Angela Merkel et sentent oubliés par le pouvoir central. Cette division entre le peuple et son gouvernement se symbolise particulièrement à Berlin, capitale de l'Allemagne et située à l'Est.

L'AfD est souvent taxé de racisme et de populisme. Ce qu'il conteste. Pourtant, les sorties de ses dirigeants contre les migrants et les musulmans se sont multipliées pendant la campagne. Même au sein du parti, on hésite sur la ligne politique à adopter. Mais le départ de la co-présidente Franke Petry, éjectée par les plus radicaux, semble donner un premier indice.

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