Et maintenant, Theo Francken? La Belgique pourrait recevoir de "lourdes sanctions" pour ne pas avoir accueilli assez de réfugiés

Voilà de quoi alimenter la polémique autour de Theo Francken. La Belgique aurait dû accueillir quatre fois plus de migrants depuis 2015, selon Amnesty International. Elle fait partie des pires élèves européens en la matière. Des chiffres "intellectuellement malhonnêtes" selon le secrétaire d’État à l'Asile et à la Migration.

Avec seulement 976 demandeurs d'asile relocalisés sur les 3.812 personnes qu'elle s'était engagée à réinstaller, la Belgique est loin d'avoir atteint ses engagements. Un accord européen prévoit en effet que chaque État membre doit accueillir un certain nombre de migrants ayant transité par la Grèce et l'Italie, les deux pays les plus confrontés à l'arrivée des réfugiés. Une obligation juridique prise en 2015 et dont les objectifs ne sont pas atteints: seuls 26,7% des 160.000 demandeurs d'asile ont pu être relocalisés.

Parmi les meilleurs élèves de la classe européenne, on retrouve Malte, la Finlande et l'Irlande. Malte est le seul pays de l'UE à avoir accueilli toutes les personnes qu'il s'était engagé à relocaliser, la Finlande n'est pas loin (94%) suivie de l'Irlande (76,5%). La Belgique est loin derrière avec seulement 25% des objectifs atteints. C'est mieux que la Pologne et la Hongrie qui n'ont pas accueilli un seul réfugié, mais beaucoup moins bien que la Norvège et le Liechtenstein, qui ne font pas partie de l'UE mais qui ont décidé de participer volontairement au programme.

Sanctions

Amnesty International tire la sonnette d'alarme et menace les États membres: "Il faut que les pays de l'UE fassent un pas en avant et respectent les promesses qu'ils ont faites, sans quoi la Cour européenne risque d'être saisie et de leur infliger de lourdes sanctions." La Commission européenne a embrayé en déclarant qu'elle "n'hésitera pas à faire usage des pouvoirs que lui confèrent les traités à l'égard de ceux qui auront manqué aux obligations découlant des décisions du Conseil".

Mais Theo Francken balaye les critiques d'un revers de la main sur son blog. "La Belgique a pris sa part", rappelle-t-il avant de qualifier les chiffres d'Amnesty "d'intellectuellement malhonnêtes". Le raisonnement du secrétaire d'État à l'Asile et à la Migration est le suivant: on ne peut pas accueillir des demandeurs d'Asile qui ne sont pas encore arrivés. Le nombre de réfugiés répondant aux critères n'aurait jamais atteint les 160.000. Le secrétaire d'État rappelle d'ailleurs que l'accord UE-Turquie a contribué à faire tomber le nombre de réfugiés transitant par l'Italie et la Grèce.

Une guerre des chiffres donc, qui ne devrait pas manquer d'alimenter la polémique autour de l’accueil des migrants en Belgique. Sans compter leur renvoi forcé vers leur pays d'origine, fut-il une dictature.

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