Voici comment Trump s'est mis les deux principaux sports US à dos en moins de 48 heures

Le voici maintenant occupé sur deux fronts. Donald Trump est non seulement défié en dehors de ses frontières par la Corée du Nord, mais il l'est maintenant sur son propre territoire. En l'espace d'un week-end, le président américain est parvenu à se mettre à dos le monde du basket et du football américain. Depuis, les insultes volent et la division règne.

Ce dimanche, une bonne centaine de joueurs de football américain (NFL) ont clairement défié Donald Trump. Dès les premières notes de l'hymne national, ils ont plié le genou, le bras pendant, en guise de contestation contre "un président qui divise".

"Fils de pute"

Après la presse et le monde culturel, voici maintenant que Donald Trump s'attaque au monde du sport. Probablement un mauvais calcul. Mais comment en est-il arrivé là?

Tout a commencé vendredi lors d'un meeting dans l'Alabama. Trump y a tenu des propos injurieux à l'encontre d'un joueur désormais sans club, Colin Kaepernick: "Est-ce que vous n’aimeriez pas voir un de ces propriétaires (d’équipe de la National Football League) dire, quand quelqu’un manque de respect à notre drapeau : 'sortez-moi ce fils de pute du terrain, il est viré, viré !'", a-t-il répété en criant. Le joueur en question avait été le premier à plier le genou lors de l'hymne national pour protester contre les violences policières à l'encontre des Afro-Américains. C'était au début de l'année passée. Cette polémique a resurgi sur le devant de la scène, puissance mille.

Entre deux tweets insultant la Corée du Nord et l'Iran, le président américain en a encore rajouté une couche ce dimanche, appelant tour à tour les fans à boycotter la NFL, ou au président de la ligue de reprendre les choses en main. Plusieurs propriétaires de clubs ont répondu à Trump en déclarant qu'ils soutenaient à 100% leurs joueurs. C'était par exemple le cas de Steve Bisciotti, le boss des Ravens de Baltimore.

Ensuite au tour du basket

Non satisfait de se mettre à dos le sport le plus populaire aux États-Unis, Trump s'en est aussi pris au monde du basket. Là encore, le président s'est senti vexé et a réagi au quart de tour. Devant les hésitations de Stephen Curry, l'un des meilleurs passeurs de NBA de tous les temps, à venir se présenter avec son équipe (les Warriors) à la Maison-Blanche, Trump a tweeté comme seul lui en a le secret: "Venir à la Maison-Blanche est considéré comme un grand honneur pour une équipe sportive. Stephen Curry hésite, eh bien dans ce cas l'invitation est annulée."

Les réponses ne se sont pas faites attendre. LeBron James en tête, un autre basketteur et une immense star aux États-Unis: "Venir à la Maison-Blanche était un grand honneur avant que tu ne débarques". Plus tard, il a adressé un autre message vidéo, soutenant que le président américain n'a de cesse de diviser l'Amérique.

Division

Et comment lui donner tort? Hier, Trump était par exemple "heureux de nous informer" sur Twitter (c'est sa manière de faire la politique) qu'il invitait l'équipe championne de NHL des Pittsburgh à la Maison-Blanche. "Une super équipe", a-t-il ajouté. Les Pittsburgh sont une équipe de hockey sur glace, soit une discipline où l'écrasante majorité des joueurs sont blancs.

En fait, beaucoup de sportifs noirs n'ont pas digéré les événements de Charlottesville où des suprémacistes blancs avaient défilé sans aucune gêne, tuant au passage une manifestante antifasciste. Trump a réagi très modestement à ce fait divers, le condamnant du bout des lèvres et après plusieurs jours de polémique.

L'autre sport roi, aux États-Unis, c'est le baseball. Là aussi un sport essentiellement composé de blancs. Samedi soir, un joueur a imité ses compatriotes issus d'autres disciplines: Bruce Maxwell est le premier joueur de baseball à plier le genou au moment de l'hymne national. Il a été soutenu par son club, au nom "de la liberté d'expression".

Bref, encore une polémique comme seul Trump en a le secret. Et du jamais vu aux États-Unis.

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