Un petit pas en avant: pour la première fois, les femmes en Arabie saoudite ont pu célébrer la fête nationale dans un stade

Pour la première fois, les femmes en Arabie saoudite ont été autorisées à entrer dans les stades publics. Elles ont donc été des centaines à prendre place dans les gradins pour assister hier aux réjouissances de la fête nationale. C'est un petit pas en avant de plus, mais le chemin vers l'autonomie est encore long.

Le 23 septembre, c'est la fête nationale en Arabie saoudite. Les Saoudiens célèbrent donc tout le week-end le 87e anniversaire de l'indépendance du royaume. Mais les réjouissances d'hier soir ont pris une allure un peu particulière par rapport aux autres années. Ainsi, les femmes ont été autorisées à entrer dans les stades publics, avait annoncé quelques jours plus tôt l'agence de presse officielle saoudienne SPA.

Une grande première dans ce pays ultra conservateur, puisque jusqu'ici, l'entrée leur était refusée en vertu de la règle de séparation des genres dans les espaces publics.

Des centaines dans les gradins, mais dans une section spéciale

Du coup, elles ont été des centaines à prendre place hier dans les gradins du stade international du Roi-Fahd dans la capitale Riyad. Elles ont pu assister à des spectacles qui retracent l'histoire de leur pays, des concerts et des feux d'artifice.

Mais attention, elles n'ont tout de même pas pu s'assoir où elles voulaient. Une section spéciale pour les familles leur était réservée dans les gradins. Une autre, séparée, était prévue pour les hommes venus seuls.

Le chemin vers l'autonomie est encore long

Cet assouplissement de la loi fait partie du programme "Vision 2030" du gouvernement saoudien. Lancé il y a deux ans, les réformes ont pour but de diversifier le modèle économique, créer de nouveaux emplois pour embaucher les jeunes et décloisonner les modes de vie de la population. Comprends: ouvrir les esprits et créer de nouvelles formes de divertissement.

C'est donc une petite victoire pour les femmes, en plus du droit de vote qu'elles ont depuis 2015, du droit d'effectuer certaines démarches administratives seules et les jeunes filles de faire du sport dans les écoles publiques. Mais le chemin est encore long et semé d'embuches, tant le contrôle des femmes reste fort dans le royaume. Elles n'ont, par exemple, toujours pas le droit de conduire et doivent avoir l'accord de leur tuteur (généralement leur père, leur mari ou leur frère) pour faire des études et voyager.

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