Le calvaire n'est pas fini: les pilotes de Ryanair commencent une grève du zèle et les retards vont s'enchaîner

Les pilotes de Ryanair haussent le ton. Leur ultimatum lancé à la direction pour réclamer de meilleures conditions de travail est arrivé à échéance ce matin à 10 heures. Sans réponse, ils ont donc décidé d'entamer une grève de zèle et de ne faire que ce qui est stipulé dans leurs contrats. Sauf que cela va inévitablement engendrer des retards importants dans les vols à venir.

Si tu pars en vacances bientôt avec Ryanair, sache que les jours à venir seront très compliqués. En plus des 2.100 vols supprimés jusqu'au 28 octobre (dont 270 à Charleroi et 48 à Zaventem), les pilotes ont entamé une grève du zèle, d'après la RTBF et le média néerlandais NOS. Et ce, pour une durée encore indéterminée.

Concrètement, les pilotes ne font plus que le strict minimum. Par exemple, leur contrat stipule qu'ils doivent arriver 45 minutes avant le décollage de l'avion, mais en pratique, les pilotes sont obligés d'être là plus tôt, sinon il y a d'office du retard. Et donc, ils arriveront maintenant 45 minutes avant, et tant pis si l'avion ne part pas à l'heure. Ils comptent également prendre plus de temps pour atterrir et se parquer. Du coup, des retards sont forcément à prévoir.

Ultimatum arrivé à échéance

Rassure-toi, les aéroports belges de Charleroi et de Bruxelles ne semblent, pour l'instant, pas touchés par cet arrêt de travail et les avions volent normalement. Mais ce ne pourrait être qu'une question de temps, puisque c'est déjà le cas dans d'autres aéroports. Des voyageurs vers Dublin et Londres se plaignent d'ailleurs déjà de retards sur les réseaux sociaux (voir tweets ci-contre).

La raison? Les représentants des pilotes de plus de la moitié des bases européennes (48 sur 87, dont Charleroi et Bruxelles) avaient envoyé une lettre commune à la direction pour réclamer de meilleures conditions de travail. Ils avaient accompagné leur courrier d'un ultimatum: la direction avait jusqu'aujourd'hui à 10 heures du matin pour leur répondre favorablement.

"On a foiré dans le calendrier des congés"

Hélas, les pilotes sont restés sans réponse. Pire encore, le boss de Ryanair, Michael O’Leary, a fait mine, hier lors de l’assemblée annuelle des actionnaires de la compagnie réunis à Dublin, de ne pas avoir reçu cette fameuse lettre. Plutôt que de revoir leurs contrats, il préfère acheter ses pilotes avec de l'argent. Ainsi, la compagnie a commencé par proposer un bonus de 6.000 euros (aux copilotes) et 12.000 euros (aux commandants de bord) pour qu'ils acceptent de travailler dix jours pendant leurs congés. Sans succès, les pilotes l'ont tous refusé. Ryanair revient donc à la charge et offre maintenant à différents commandants un surplus de 10.000 euros annuels, selon une source interne interrogée par La Libre. Sauf que les pilotes dansent toujours sur le même pied: ils ne veulent pas de ces cadeaux.

En outre, Michael O'Leary continue d'affirmer que les causes des annulations ne sont pas liées à un manque de personnel. Il a seulement reconnu hier à l’assemblée annuelle des actionnaires avoir "foiré dans le calendrier des congés de pilotes", et c'est tout. Pourtant, il a aussi annoncé que sa compagnie allait engager 600 pilotes dans les mois à venir, dont 125 dans "les deux prochaines semaines". Tiens tiens, timing étrange.

Le bras de fer entre la compagnie et ses pilotes est donc de plus en plus musclé, et de gros retards voire de nouvelles annulations de vols sont à craindre.

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