"J'ai plein d'amis qui y vont pour devenir riches": le speech de Donald Trump sur l'Afrique n'était vraiment pas approprié

Les quelques mots de Donald Trump sur l'Afrique ne sont pas passés inaperçus. Lors d'un dîner hier en marge de l'Assemblée générale des Nations unies, le président américain a affirmé que l'Afrique a un "potentiel commercial énorme". D'ailleurs, il a "tellement d'amis" qui y vont pour "essayer de devenir riches". Un discours qui rappelle l'époque coloniale du continent. Et tout ça, à table face à des dirigeants africains.

Il a encore fait fort! Comme tous les dirigeants du monde, Donald Trump est toute la semaine à New York pour l'Assemblée générale des Nations unies. Hier, il a partagé un dîner avec plusieurs chefs d'État africains, où il s'est, une fois de plus, fait remarquer.

"L'Afrique a un potentiel commercial énorme. J'ai tellement d'amis qui vont dans vos pays pour essayer de devenir riches. Je vous félicite, ils dépensent beaucoup d'argent", a-t-il déclaré devant les présidents sud-africain Jacob Zuma et nigérian Muhammadu Buhari, entre autres. Des propos relayés par la presse américaine. Outre le vocabulaire un peu trop "amical" pour la situation et le fait qu'il a galéré à prononcer correctement "Côte-d'Ivoire", "Guinée-Bissau" et "Namibie" (qui est devenue "Nambie"), il faut rappeler que c'est franchement loin d'être Byzance sur le continent africain et que bon nombre de ses pays sont déchirés entre la guerre et la famine.

"Un endroit où mes amis doivent et veulent aller"

Mais le président américain ne semble pas partager cette vision des choses. L'Afrique "représente d'énormes quantités de marchés différents... C'est vraiment devenu un endroit où [mes amis] doivent aller et veulent aller", a-t-il encore ajouté, dans un discours qui semble tout droit sorti de l'époque de la colonisation de l'Afrique. Du coup, il compte bientôt y envoyer l'ambassadrice des États-Unis aux Nations unies, Nikki Haley. Mais, encore une fois, sans détailler quand et dans quel pays elle partira en mission diplomatique. Il a seulement expliqué que son rôle sera de "discuter des conflits, de leur résolution et, plus important, de la prévention".

Et puis, comme si une mouche l'avait piqué, il a finalement parlé des crises et guerres qui ravagent certains pays africains. "Les gens souffrent des conflits en Afrique. En Centrafrique, au Congo, en Libye, au Mali, en Somalie et au Soudan du Sud notamment, ils vivent des moments très difficiles et très dangereux", a-t-il remarqué. "Des groupes terroristes, comme l'État islamique, les shebab, Boko Haram et Al-Qaïda menacent la paix africaine. Les États-Unis sont fiers de travailler avec vous pour éradiquer les refuges terroristes, pour couper leurs finances et discréditer leur idéologie dépravée", a-t-il poursuivi.

Dans un discours un peu plus logique, il a ensuite assuré que son pays "suit attentivement et est profondément préoccupé par la violence en cours au Soudan du Sud et en République démocratique du Congo". Les États-Unis continuent donc "de fournir une aide humanitaire" car "des millions de vies sont en danger". Mais "de vrais résultats pour arrêter ces catastrophes nécessitent un processus de paix dirigé par des Africains et un sincère, réellement sincère, engagement de toutes les parties concernées", a-t-il conclu. Des mots plus appropriés dans la bouche du dirigeant du pays le plus puissant au monde.

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