La Corée du Nord s'en fiche des sanctions: elle a de nouveau tiré un missile balistique qui a survolé le Japon

Réveil brutal ce matin pour les Japonais. La Corée du Nord a procédé à un nouveau tir de missile balistique. L'engin aurait parcouru 3.700 km à une altitude de 770 km et serait passé au-dessus de la tête des habitants de l'île japonaise de Hokkaido. Le tir était donc plus long et plus haut que le précédent fin août, mais moins menaçant pour les États-Unis et le reste du monde.

"Un missile passe, un missile passe. Il va vraisemblablement passer au-dessus de Hokkaido en direction du Pacifique. Ne ramassez surtout pas des objets que vous pourriez trouver". Voilà ce qu'on entendu les Japonais à leur réveil ce matin. Le système J-Alert anti-missiles a de nouveau été déclenché dans plusieurs régions du nord de l'archipel. En cause, la Corée du Nord qui a encore fait joujou avec les missiles.

L'engin aurait été tiré vers 6h57 (22h57, heure belge) depuis Sunan près de la capitale Pyongyang. Il aurait ensuite survolé l'île japonaise de Hokkaido à 07h07 (23h07, heure belge). En tout, il aurait parcouru 3.700 km à une altitude de 770 km, avant de terminer sa course dans l'océan Pacifique, à environ 2.000 km à l'est d'Hokkaido. C'est ce qu'affirment de concert les autorités sud-coréenne, nippone et américaine.

Moins dangereux que les tirs précédents

Pas de panique tout de même, il ne s'agirait cette fois "que" d'un missile balistique à portée intermédiaire, selon la Corée du Sud et les États-Unis. Il ne présentait donc aucune menace directe pour les États-Unis ou l'île américaine de Guam. Alors que Pyongyang avait testé en juillet et en août ses premiers missiles balistiques intercontinentaux (ICBM, à longue portée), dont un capable d'atteindre le territoire américain, et affirmait le 3 septembre être en possession de la bombe H après avoir mené son sixième essai nucléaire avec une puissance sans précédent (environ 16 fois Hiroshima).

Par contre, c'est la deuxième fois en à peine deux semaines que le régime de Kim Jong-un menace concrètement l'archipel. En effet, le 29 août dernier, Pyongyang avait déjà tiré un missile qui avait parcouru 2.700 km (soit 800 km de moins que ce nouveau tir) en survolant le nord du Japon, avant de se noyer dans le Pacifique à 1.180 km à l’est de l’île d’Hokkaido et 2.500 km de la capitale Tokyo.

C'est donc reparti pour un tour, alors que la communauté internationale interdit les programmes nucléaire et balistique de Pyongyang. Lundi dernier, le Conseil de sécurité de l'ONU a d'ailleurs voté à l'unanimité lundi à New York pour un huitième train de sanctions plus dur envers le régime communiste. Celui-ci prévoit, par exemple, un embargo sur les exportations de gaz vers la Corée du Nord, une limitation des exportations de pétrole et de produits raffinés ou encore l'interdiction d'achat de textile provenant de ce pays. Alors que le septième ne date que d'août dernier et prévoyait déjà des pertes à hauteur d'1 milliard de dollars pour Pyongyang.

Condamnations internationales

Il n'a fallu que quelques minutes après la retombée du tir pour qu'il suscite la condamnation internationale. Comme chaque fois. "Le Japon ne tolérera jamais ces provocations à répétition et nous avons protesté vigoureusement auprès de la Corée du Nord", avertit ainsi le porte-parole du gouvernement japonais, Yoshihide Suga, à Reuters. Il a également répété sa volonté "en lien avec les États-Unis, la Corée du Sud et les autres pays concernés pour répondre de façon appropriée et avec le sens de l'urgence".

De son côté, le président de la Corée du Sud, Moon Jae-in, condamne "fermement" ce nouveau tir et a convoqué une réunion du Conseil national de sécurité (NSC) pendant que les troupes du pays sont toujours en formation de missiles balistiques dans la mer du Japon suite à la dernière provocation de son voisin du Nord.

Le Premier ministre australien, Malcolm Turnbull, a lui aussi réagi: "Il s'agit d'un autre acte criminel dangereux du régime nord-coréen qui menace la stabilité de la région et du monde entier", condamne-t-il dans un communiqué relayé par Reuters.

Enfin, le Conseil de sécurité de l'ONU a déjà prévu une réunion en urgence aujourd'hui à 15 heures.

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