Un intendant pour le piétonnier de Bruxelles? Voici quatre propositions pour (enfin) faire de ce projet une réussite

Cela fait déjà plus de deux ans que le centre-ville de Bruxelles est devenu piétonnier. Pourtant, ça ne fait toujours pas l'unanimité chez les Bruxellois et les commerçants. Alors, pour enfin convaincre de l'utilité de cette zone atypique, des experts ont fait quatre propositions. 

"La piétonnisation des boulevards centraux, de la place De Brouckère à la place Fontainas, constitue incontestablement le projet urbain le plus important de la dernière décennie pour le centre de Bruxelles" déclarent les experts de la revue Bruxelles studies institute. Pourtant, même si le projet est unique et important, il ne convainc toujours pas les Bruxellois. Il faut donc tout faire pour intéresser et attirer les citoyens dans cette zone un peu bizarre de Bruxelles.

"Les retours d’expérience d’autres villes, belges ou étrangères, montrent en effet que les piétonnisations peuvent transformer fondamentalement et positivement l’espace urbain en agissant sur ses dimensions sociales, environnementales, économiques et culturelles mais qu’en même temps, leur réussite ne va pas de soi" expliquent les experts du BSI. Alors, pour qu'enfin ce piétonnier devienne un succès, ils proposent quatre clés qui feront de cette zone une réussite...enfin!

1. Mettre l'accent sur les aspects immatériels

Pour le BSI, il est primordial de mettre l'accent sur les aspects immatériels du piétonnier. En gros, ils expliquent qu'il faut privilégier l'organisation d'activités qui rassemblent les passants. Selon SumProject, ceux qui ont pensé l'organisation du piétonnier, la zone est divisée en trois parties: promenade verte, scène urbaine, foyer et agora. Ces zones pourraient permettre de créer et de mixer les activités organisées sur le boulevard piétonnier. Par contre, une telle division peut créer également une division au sein de la population: certaines zones pourraient être fréquentées par telle ou telle catégorie socioculturelle. Et ça, ce n'est pas bon.

"Cela se démarque d’autres conceptions urbanistiques comme à Flagey où le parti est plutôt de laisser la place à des usages multiples (...) Ce que nous suggérons c’est plutôt de mieux planifier les activités organisées ; actuellement on a un peu l’impression que l’arbitrage se fait un peu au cas par cas alors qu’on pourrait avoir une vision globale et ce dès maintenant pour donner un aperçu de ce que sera l’espace futur." Il faut donc, selon le BSI, créer un vrai agenda des activités pour que tout soit cohérent et que l'on ne se retrouve pas devant un foutoir mal organisé.

2. Intégrer le piétonnier dans les politiques locales et régionales

En fait, le BSI regrette que le piétonnier ne soit pas intégré dans les agendas politiques de la région. Par exemple, la zone piétonne ne se trouve pas dans le Plan régional de développement durable. Il faut que le piétonnier soit intégré dans les politiques pour qu'il gagne de l'importance et participe activement au développement de la vie bruxelloise.

Il faudrait également que le piétonnier soit lié à d'autres projets de la capitale comme le plan Canal et le développement de la gare du midi. Ainsi, le piétonnier pourra réellement être intégré à la politique globale mise en place à Bruxelles. Cela passe par un plan de mobilité qui devrait être créé entre tous ces projets. "Le piétonnier n’est pas, ou faiblement, connecté aux autres espaces réaménagés en zone piétonne et de rencontre à Bruxelles" explique les experts du BSI.

3. Nommer un intendant

C'est un fait, le piétonnier ne fait pas l'unanimité et les critiques ont fusé depuis sa création. Alors, pour calmer le jeu, le BSI estime qu'un nouvel acteur doit entrer dans la danse. Ils proposent donc la désignation d'un intendant nommé par la ville et qui sera le lien entre les autorités et les citoyens.

"Monsieur ou Madame centre-ville serait au-dessus de la mêlée. Il aurait l’autorité et la légitimité pour assurer la coordination entre les échevinats et imposer un certain nombre de décisions" expliquent les experts. En gros, tu as quelques choses à revendiquer? Une question à poser? Il faudra passer par l'intendant.

4. Mieux communiquer

La communication, c'est la base de tout. Alors, pour qu'un projet quel qu'il soit fonctionne, il faut que la communication soit efficace. C'est donc ce que demande le BSI pour assurer le succès de ce piétonnier. "Après les hésitations et les retours en arrière, on ne sait peut-être plus quelle est la vision à long terme. Il faut affiner pour pouvoir communiquer de manière cohérente. Une fois que les choses sont claires, il faudra alors prévoir des réunions d’info pour présenter les différentes étapes. Aujourd’hui les gens sont un peu sur le qui-vive et se demandent ce qu’il va se passer."

En conclusion, l'important est de clarifier le projet, de bien communiquer et surtout, rassembler les citoyens autour de ce projet. Et pour réussir, il va sans doute falloir que Philippe Close et son conseil communal s'inspirent des conseils de ces experts du Bruxelles studies institute.

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