Face à de nouvelles sanctions possibles, la Corée du Nord veut montrer au monde "comment elle dompte les gangsters américains"

La Corée du Nord a proféré hier soir de nouvelles menaces à l'encontre des États-Unis pour que ceux-ci laissent tomber les sanctions dures qu'ils veulent faire passer au Conseil de sécurité de l'ONU. Pourtant, il semblerait que Pyongyang s'affole pour rien: le texte a été remanié et les mesures radoucies.

Toujours le même disque qui tourne en boucle. La Corée du Nord n'a pas décidé de changer de discours et proféré hier soir de nouvelles menaces terribles à l'encontre des Américains.

"Les mesures qui seront prises causeront aux États-Unis la plus grande des souffrances et des douleurs de toute leur histoire", a ainsi lancé à Washington un porte-parole du ministère nord-coréen des Affaires Étrangères dans un communiqué relayé par l'agence de presse officielle KCNA.

Il faut dire que de nouvelles sanctions lui pendent au nez, suite à son missile qui a carrément survolé le Japon fin août et surtout à son sixième essai nucléaire effectué il y a un peu plus d'une semaine. Il y a de quoi flipper puisque le régime communiste affirme avoir réussi le tir d'une bombe à hydrogène miniaturisée capable d'être placée sur un missile balistique intercontinental (ICBM). L'ambassadrice américaine auprès des Nations Unies, Nikki Haley, exigeait d'ailleurs que l'ONU prenne "les mesures les plus fortes possibles". Et c'est pour cette raison que Pyongyang lance une contre-attaque.

"La Corée du Nord dompte les gangsters américains"

Le communiqué ne s'arrête pas là. Le ministère des Affaires étrangères avertit encore que si Washington "met en place cette résolution illégale sur un durcissement des sanctions, la Corée du Nord fera en sorte d'être absolument sûre que les États-Unis en payeront le prix". Il n'y va pas de main morte: "Le monde verra comment la République populaire démocratique de Corée dompte les gangsters américains, en prenant une série de mesures plus dures qu’ils ne l’ont jamais envisagé". Et d'affirmer encore: "La République populaire démocratique de Corée a développé et perfectionné l’arme thermonucléaire surpuissante comme un moyen de dissuader les actions hostiles croissantes et la menace nucléaire des États-Unis", conclut le communiqué.

8e train de sanctions de l'ONU adopté ou pas?

Pyongyang devrait être très vite fixé sur son sort, puisque le Conseil de sécurité de l'ONU se réunit aujourd'hui après-midi afin de voter pour ou contre un nouveau train de sanctions. Pour rappel, les programmes nucléaire et balistique de la Corée du Nord sont interdits par les Nations unies, qui ont donc par le passé adopté sept paquets de sanctions, toujours de plus en plus dures.

Avant de se rencontrer, les États-Unis ont diffusé hier soir à leurs 14 partenaires du Conseil de sécurité de l'ONU le texte contenant ce huitième train. Mais il est bien plus gentil qu'initialement prévu. Selon des diplomates interrogés dans la presse américaine, il prévoit, tout d'abord, un embargo "progressif" sur le pétrole destiné à Pyongyang (et non plus un embargo "total et immédiat" comme l'exigeait le premier jet américain). Ensuite, une interdiction pour les États membres des Nations unies d'importer du textile nord-coréen, afin d'isoler commercialement le pays. Et c'est à peu près tout.

Suite à des négociations tendues, surtout avec Pékin et Moscou, Washington a dû remodeler considérablement son texte et faire de grosses concessions. C'est notamment le cas sur la situation des travailleurs expatriés en Corée du Nord ou encore sur l'inspection, au besoin par la force, de navires soupçonnés de transporter des cargaisons interdites par l'ONU. Enfin, les États-Unis ont dû abandonner leur volonté de geler les avoirs du leader nord-coréen Kim Jong-un.

Mais même adouci, il y a un gros risque que le texte ne passe pas. La Russie et la Chine, toutes deux alliées de la Corée du Nord, pourraient mettre leur veto, ce qui aurait pour conséquence un retour à la case départ.

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