Mauvaise nouvelle pour la planète: la Belgique a encore émis en 2016 plus de gaz à effet de serre qu'avant et voici pourquoi

C'est la mauvaise nouvelle du jour: les émissions de gaz à effet de serre en Belgique ont encore augmenté l'année dernière par rapport à 2015. Deuxième fois d'affilée, donc. La faute à quoi? Au secteur du transport, qui est toujours loin d'être rose dans le pays. Si ces prévisions se poursuivent, les engagements européens risquent de ne pas être respectés.

118,194 millions de tonnes de gaz, équivalents CO2. Voilà le chiffre astronomique que la Belgique aurait envoyé à la Commission européenne sur ses émissions de gaz à effet de serre en 2016, selon les informations du Soir. Il s'agit d'un bilan toujours provisoire, les chiffres définitifs étant attendus pour 2018. Mais s'ils se confirment par la suite, c'est un nouveau signal noir pour la planète.

Concrètement, cela signifie que les Belges ont émis, en 2016, 0,7 % de plus de gaz à effet de serre qu'en 2015. Pour la deuxième année consécutive, puisque les chiffres de 2015 étaient également en hausse par rapport à 2014: de 2,9 %. Alors qu'en 2010, les émissions étaient en diminution et une courbe descendante s'était amorcée pour les années suivantes. Dommage.

La faute à la météo

La raison? Il en existe plusieurs possibles. Tout d'abord, l'année 2016 a été plus froide que 2015, qui a été plus froide que 2014. Les Belges ont donc dû se chauffer davantage, ont consommé plus d'énergie et émis conséquemment plus de gaz à effet de serre. "Il a fallu grosso modo chauffer 10 % de plus dans les bâtiments", précise un expert au Soir.

Ensuite, les immeubles ne cessent de se multiplier un peu partout. La consommation énergétique des bâtiments est d'ailleurs en croissance depuis 1990. La production métallique belge a aussi connu un bond, avec notamment la mise en route d'un nouveau haut-fourneau à Gand, ajoute L'Écho.

Enfin, le bonnet d'âne est attribué encore et toujours au secteur du transport. Qui est même devenu la première source d'émissions en Belgique. "Les chiffres montrent toute l'importance d'écologiser le transport", souligne à L'Écho Jonathan Lambregs, du Bond Beter Leefmilieu (BBL), la Fédération Environnementale flamande. Depuis 1990, les émissions issues du transport n'ont d'ailleurs cessé d'augmenté. "Ce que le gouvernement peut faire en fournissant suffisamment de bornes de recharge pour les voitures électriques et en introduisant un kilométrage intelligent. Ce qui encourage à choisir le moyen de transport le moins cher et le plus durable", préconise-t-il alors.

Objectifs climatiques 2020 et 2030 compromis

Du coup, la Belgique sera-t-elle en mesure de respecter ses engagements en faveur du climat? Rien n'est moins sûr. Pour l'instant, les émissions sont tout de même en baisse de 18,5 % par rapport à 2005 et notre pays respecte donc encore son engagement européen d'une réduction de 15 % en 2020 (par rapport à 2005). Mais les nouveaux chiffres pourraient tout faire foirer, surtout par rapport à l'objectif de 2030 (une réduction de 35 %), qui lui risque d'être fort compromis.

Pour atteindre ces objectifs, il faudrait diminuer nos émissions d'au moins 3,5 % chaque année, selon les experts interrogés par Le Soir. Sauf que le moindre retard ou la moindre hausse oblige à augmenter l’effort à réaliser les années suivantes. Rien de bien rose pour l'avenir...

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