Le trou qui est apparu à Bruxelles hier ne sera pas sans conséquences: tu devras bientôt payer tes factures d'eau plus cher

La rupture de canalisation qui s'est produite hier à Bruxelles n'est pas sans conséquences. L'énorme trou qui s'est formé sur la chaussée de Louvain et les mètres cubes d'eau qui se sont déversés sur les voies de chemin de fer en sont les premiers effets visibles. Mais les Bruxellois seront tous impactés: déjà au niveau de la circulation, mais aussi sur leurs factures d'eau futures.

Petit rappel de la situation. Hier matin, une canalisation souterraine a lâché à Bruxelles, entraînant deux conséquences majeures. Un glissement de terrain s'est produit sur la chaussée de Louvain à Saint-Josse-ten-Noode et créé un immense trou de 36 mètres carrés en plein milieu de la chaussée. Un peu plus loin, la rupture du tuyau d'eau a provoqué de grosses inondations sur les voies de chemin de fer entre les gares de Bruxelles-Luxembourg et Bruxelles-Nord.

D'importants travaux de rénovation doivent donc être entrepris dans cette zone, mais aussi à bien d'autres endroits. Rappelons qu'une semaine plus tôt, jour pour jour, un autre trou s'était déjà formé rue du Cardinal Mercier (derrière la gare Centrale), là aussi suite à une rupture dans les canalisations.

La faute à un réseau de canalisations et d'égouttages dans la capitale vieux d'une centaine d'années. "Un quart du réseau d’égouttage doit être rénové en Région bruxelloise, ce qui demande des investissements importants. Le problème est que l’on ne peut pas procéder à la rénovation en souterrain d’un seul coup car cela engendrerait d’importants problèmes de mobilité", explique ainsi à La Libre Marie-Eve Deltenre, la porte-parole de Vivaqua (le gestionnaire du réseau de distribution d’eau à Bruxelles).

1,5 milliard d'euros à charge des Bruxellois

Mais à combien s'élèvera le coût total des travaux? Environ... 1,5 milliard d'euros. Ouf. Et qui devra passer à la caisse? Le contribuable. "Une directive européenne précise qu’il faut appliquer le coût vérité", ce qui signifie que "tous les frais nécessaires à la production, la distribution et l’épuration des eaux doivent être pris en charge par le consommateur", détaille Marie-Eve Deltenre. Du coup, "le montant devrait se répercuter à l’avenir sur la facture d’eau", annonce-t-elle. Pour l'heure, il est impossible de savoir combien en plus précisément tu devras payer pour ta consommation d'eau, mais cela ne saurait tarder.

Pourtant, si Vivaqua avait procédé à une "rénovation préventive" du réseau d’égouttage, l'ardoise aurait été bien moins élevée. "Cela aurait coûté 3 à 10 fois moins cher que la rénovation d’urgence", précise-t-elle. Mais encore une fois, vu la densité du trafic à Bruxelles et les nombreux chantiers déjà en cours, cela aurait été compliqué de bloquer davantage la circulation pour plusieurs semaines.

D'autres effondrements à prévoir

Le souci est toujours le même: sans une rénovation complète de tout le réseau, des glissements de terrain futurs sont à craindre. "D’autres effondrements pourraient avoir lieu. C’est l’un des risques. Les rénovations d’égouts ont déjà commencé depuis 2010 à raison de 20 kilomètres d’égouts par an. Mais il faut au total rénover 500 kilomètres d’ici 2030", déplore Marie-Eve Deltenre.

Les canalisations bruxelloises sont pour l'instant toujours en fonte grise. Or, ce matériau, certes épais, est cassant. Il était très utilisé au début du 20e siècle, mais ne l'est plus aujourd'hui. En effet, les nouvelles canalisations à Bruxelles sont faites en acier (sur 1.560 km), en fonte nodulaire (922 km) en ciment (169 km) ou en PVC (767 km), détaille Marie-Eve Deltenre, cette fois à L'Écho. Dans les jours à venir, les ouvriers communaux vont donc devoir remplacer plusieurs mètres de canalisation sous la chaussée de Louvain. Pas une mince à faire.

Trafic toujours perturbé

En attendant, le trafic ferroviaire est toujours fortement perturbé, et ce jusqu'au 18 septembre au moins. Là aussi, d'importants travaux doivent être effectués. Les équipes d'Infrabel doivent d'abord évacuer le sable et la boue qui ont été emportés par la pression de l'eau sur plus de 200 mètres de voies entre Bruxelles-Nord et Bruxelles-Luxembourg. Hier, Infrabel parlait de 50 centimètres de profondeur d'eau. Ensuite, les rails devront être temporairement enlevés afin de remplacer le lit de pierres qui soutient la voie ferrée, peut-on lire dans L'Écho. Et puis, il faudra également vérifier les câbles qui alimentent la signalisation car "les installations électriques sont endommagées" par les inondations, annonçait hier Frédéric Sacré, le porte-parole d’Infrabel.

Un nouveau plan de circulation a donc été mis en place par la SNCB et Infrabel. Ainsi, les lignes Bruxelles-Midi-Namur-Luxembourg et Bruxelles-Midi-Namur-Liège sont déviées via Louvain (ligne 36) et Ottignies (ligne 139) pour rejoindre ou quitter Bruxelles. Conséquence? Tu dois compter 20 à 30 minutes en plus sur ton temps de parcours habituel.

En outre, les trains S8 (Louvain-la-Neuve-Ottignies-Bruxelles-Midi) ne s'arrêtent eux pas au-delà de la gare de Bruxelles-Luxembourg. Pour poursuivre ton trajet, tu peux donc utiliser les bus, trams et métros de la STIB sans frais supplémentaires, à condition de présenter un titre de transport valide de la SNCB. Avant de prendre le train, on te conseille tout de même de bien checker le site de la SNCB ici pour éviter toute mauvaise surprise.

Au niveau de la STIB, la ligne de bus 29 est déviée entre les arrêts Gutenberg et Radium. Elle passe désormais par le square Ambiorix pour contourner la chaussée de Louvain. En voiture, on te conseille fortement d'éviter toute la chaussée de Louvain pour ne pas être pris dans des déviations qui te retarderont. Le mieux est de planifier ton trajet bien à l'avance en choisissant un autre itinéraire.

Hélas, tu l'as compris, la situation normale ne devrait pas être rétablie avant plusieurs jours.

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