Que de surprises dans ce nouveau sondage: les deux grands gagnants de la crise politique sont le MR et... Olivier Maingain

Les Belges ont à nouveau été sondés entre le 25 août et 3 septembre. En pleine crise politique, il y a de nouveaux rebondissements dans les intentions de vote, fallait-il s'y attendre. Le MR monte à la première place du podium tant à Bruxelles qu'en Wallonie. Le PTB végète et DéFI réalise une belle percée. On fait le point ensemble. 

Le traditionnel Grand Baromètre national RTL/VTM/Ipsos/Le Soir/Het Laatste Nieuws du mois de septembre vient de paraître. Et il y a de grosses nouveautés dans les intentions de vote des Belges. Si ces tendances se poursuivent, le paysage politique francophone post élections 2019 pourrait être complètement chamboulé.

Le contexte est tout particulier, puisque le sud du pays n'est toujours pas sorti complètement de la crise politique initiée à la mi-juin par Benoît Lutgen (cdH). Du coup, sans grande surprise, le PS sombre encore dans les intentions de vote, terni pour un bon bout de temps par les scandales de Publifin, du Samusocial et compagnie.

Bruxelles: le MR n°1, Olivier Maingain personnalité la plus populaire

Et ceux qui profitent le plus de la situation sont incontestablement DéFI et le MR. Ce dernier étant d'ailleurs monté dans la majorité au Gouvernement wallon. La stratégie d'Olivier Maingain de refuser de céder aux avances du cdH et du MR pour renverser les coalitions existantes à Bruxelles et à la Fédération Wallonie-Bruxelles semble aussi avoir porté ses fruits. Son parti enregistre la meilleure progression (+ 9,1 % depuis janvier) et se glisse à la deuxième place du podium avec 18,4 % des intentions de vote en Région bruxelloise. Mieux encore: le président de DéFI devient, pour la première fois depuis que ce baromètre existe, la personnalité la plus populaire à Bruxelles (à 43 %), juste devant le PS Paul Magnette (42 %) et le MR Didier Reynders (40 %).

Mais celui qui grimpe à la première place est le MR. Avec 19,8 % des intentions de vote à Bruxelles, le parti d'Olivier Chastel enregistre une progression de 1,4 % depuis janvier. Par contre, le PS ne peut pas aller plus mal, alors qu'il est d'habitude au coude-à-coude avec le MR dans la capitale. Avec 12,1 %, les socialistes sont en recul de 6 % et se placent à la 4e position, juste derrière Ecolo (12,3 %).

Autre fait intéressant, le PTB chute de 3,1 %, alors que le dernier baromètre de janvier le portait très haut (à 12,1 %) et qu'il était même 3e dans un sondage commandé par le MR en juillet (avec 14,1 %). Oublie tous ces chiffres, le Parti du Travail de Belgique de Peter Mertens passe maintenant 5e, avec 9 % seulement.

Mais où est le cdH dans tout ça? Si Benoît Lutgen pensait redresser un peu son parti dans les intentions de vote en débranchant la prise des gouvernements, c'est raté. Les humanistes chutent de 2,1 % à Bruxelles en passant à la 6e position, entre le PTB et le PP, avec 5,8 %.

Wallonie: le MR réussit le doublé, DéFI perce

Qu'en est-il en Wallonie? Au sud du pays, le MR est aussi premier, avec 21,4 % des intentions de vote. À voir si sa prise des commandes du gouvernement wallon lui permettra de garder sa pole position jusqu'aux prochaines élections de mai 2019.

La deuxième place va au PS. Avec 20,7 %, les socialistes font mieux qu'à Bruxelles et reviennent devant le PTB, qui était pourtant premier parti de Wallonie dans le sondage de juillet. Le Parti du Travail de Belgique occupe donc maintenant la troisième place, avec 17,5 % des intentions de vote. Comme à Bruxelles, Ecolo monte en Wallonie (+ 1,5 %) et atteint 12,7 %.

Côté cdH, c'est à peu près le même topo qu'à Bruxelles. Les humanistes se classent 5e avec 8,7 % et sont donc en recul de 2,5 % par rapport à janvier et de 5,3 % si l'on compare avec les dernières élections de 2014.

Enfin, même s'il n'est que 6e, DéFI enregistre une percée significative en Wallonie où il atteint 6,2 % des intentions de vote (+ 3,4 % par rapport à janvier). Olivier Maingain est même la 2e personnalité la plus populaire (à 32 %), à égalité avec Didier Reynders. Mais c'est toujours Paul Magnette (PS) la grande star: à 42 % de "oui". Pourtant, le parti amarante a toujours eu une identité très bruxelloise et n'a d'ailleurs jamais connu pareil score au sud du pays.

Que faut-il retenir de tout cela? Le PS est au plus mal, le MR est au top tant en Wallonie qu'à Bruxelles, DéFI est en progression, le PTB stagne et le cdH a franchement raté son coup de poker.

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