Selon Jan Jambon, la N-VA serait prête à négocier avec le PTB... s'il accepte le confédéralisme

La N-VA pourrait négocier avec le PTB, a déclaré ce samedi le ministre de l'Intérieur Jan Jambon (N-VA) dans les colonnes de La Libre. Mais à une condition: que la Belgique devienne une confédération. Les deux partis pourraient gouverner mais chacun de leur côté.

La N-VA et le PTB, ensemble aux manettes de l'État? Cela semble totalement improbable tellement les deux partis sont opposés mais pourtant cela pourrait en quelque sorte avoir lieu. Ce ne serait plus aux manettes d'un État mais d'un État pluriel ou, en d'autres mots, une confédération.

C'est ce qu'a fait savoir le ministre de l'Intérieur Jan Jambon ce samedi dans une interview accordée à La Libre. Conscient que la Belgique francophone est actuellement soumise à de gros troubles politiques qui font le bonheur du parti d'extrême gauche, le chef des polices belges avoue que son parti pourrait envisager de gouverner avec le PTB.

"Pour la N-VA, ce n’est pas très clair : avec quelle Wallonie allons-nous devoir discuter après les élections?" déclare Jambon qui se réfère aux hypothétiques résultats des élections législatives de 2019. "Il y aura presque une révolution électorale si les sondages qui donnent le PTB si haut devenaient une réalité."

Même "menace" qu'avec le PS

La N-VA accepterait-elle donc de gouverner avec ce parti ennemi bien que tout les oppose? Non, ce serait plutôt chacun de son côté... de la barrière linguistique. "Si le PTB est d’accord avec nous pour le confédéralisme, pour donner toutes les compétences aux deux Régions pour qu’elles mènent chacune leur propre politique, alors, on est prêt à négocier avec ce parti."

Qu'est-ce que le confédéralisme? Ce serait en quelque sorte une Belgique composée de plusieurs Etats souverains et indépendants. Les Régions recevraient de nombreuses compétences actuellement dans les mains du fédéral et la structure fédérale qui chapeauterait le tout conserverait uniquement les compétences communes aux différents territoires. Résultat: "La coopération forcée serait remplacée par la coopération volontaire", écrit le parti flamand sur son site.

Est-ce une proposition nouvelle? Loin de là. Le parti nationaliste flamand le brandit à chaque fois que le PS menace de se retrouver avec lui au fédéral. En 2010 déjà, Geert Bourgeois et Bart De Wever, respectivement fondateur et président de la N-VA, parlaient de confédéralisme. En résumé, la N-VA le ressort à chaque fois qu'elle risque de devoir cohabiter avec l'opposition de gauche. Est-ce une simple stratégie électorale? On verra en 2019.

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