"Olivier Maingain est dans le sac à dos du PS", Benoît Lutgen (cdH) tacle à nouveau le président de DéFi

Des majorités alternatives ou le statu quo à Bruxelles et en Fédération Wallonie-Bruxelles? Cette question brûlante est encore loin de se résoudre. Tous deux invités, respectivement sur le plateau de RTL-TVI et de la RTBF, Benoît Lutgen (cdH) et Olivier Maingain (DéFi) en ont encore apporté la preuve hier soir. Et Paul Magnette (PS) d'ajouter une couche ce matin. Leur vision de la gouvernance semble totalement irréconciliable.

Deux mois et demi après la crise politique enclenchée par Benoît Lutgen (cdH) au sud du pays, aucune solution n'est toujours prête à se dégager à Bruxelles et en Fédération Wallonie-Bruxelles. Si une nouvelle majorité cdH-MR a pu s'établir au gouvernement wallon, les choses sont bien plus compliquées dans les deux autres entités fédérées. D'un côté, MR et cdH, surtout, refusent de gouverner avec le PS, qui lui ne peut plus supporter le cdH. Et de l'autre, le président de DéFI, Olivier Maingain, rêve toujours d'une grande union francophone qui comprendrait les quatre partis (MR, cdH, PS et DéFi) et exclut toute alliance avec la N-VA.

Hier soir encore, le président du cdH et son homologue de DéFi se sont envoyés quelques piques. Premier invité sur la toute nouvelle émission politique de RTL-TVI, Benoît Lutgen est d'abord revenu sur sa décision de débrancher la prise: "Il fallait un électrochoc. Je défends une idéologie, il fallait passer à l’action. On a réussi en Wallonie. J’en remercie le MR".

"Chacun prend ses responsabilités"

Ensuite, il en a profité pour tacler Maingain qui a refusé lundi de s’asseoir à la table des négociations avec le MR et le cdH en vue de former un gouvernement en Fédération Wallonie-Bruxelles. "Chacun prend ses responsabilités. Olivier Maingain est dans le sac à dos du PS (...) il ne veut même pas venir dialoguer sans le parti socialiste. Je trouve ça dommage", a-t-il lancé à l'attention de son homologue du parti amarante.

Sans émettre de nouvelles propositions, il a toutefois reconnu qu'il faut pouvoir continuer à faire fonctionner les institutions. "Je ne vais pas m’acharner sur le PS", a-t-il glissé tout en promettant d'"être constructif en Communauté française et à Bruxelles mais offensifs". Il a cité pour exemple le brûlant dossier des allocations familiales qui pourrait alors passer par la voie parlementaire: "Nous réclamons les mêmes montants qu’en Wallonie et en Flandre, 150 euros pour le premier enfant. On déposera des textes et on verra qui soutient et qui ne soutient pas".

"Mon souhait pour 2019? Un gouvernement sans la N-VA ni le PS"

Pour l'avenir, Benoît Lutgen "rêve" carrément d'un gouvernement fédéral "sans la N-VA ni le PS en 2019". C'est même sa "priorité". Il ajoute qu'il faut "cesser de dire que tout tourne autour de la N-VA au nord et autour du PS au sud".

Le président de DéFi s'est, lui, exprimé hier soir sur le plateau du JT de la RTBF dans des propos totalement contradictoires. "Le vrai objectif [du cdH], on l'a compris maintenant, c’est de plaire, par MR interposé, à la N-VA. M. Prévot [ndlr: le bourgmestre cdH de Namur] a expliqué très clairement que c’était de permettre au cdH d’être aspiré petit à petit vers la majorité fédérale. Ce n’est pas notre choix. Je ne ferai pas le jeu d’un parti qui menace les intérêts essentiels des Wallons et des Bruxellois", a-t-il lancé à l'encontre de son homologue humaniste. Il a encore insisté pour dire que son parti n’allait pas se "contenter de demi-mesures" à Bruxelles, seul gouvernement où DéFi participe.

"Une étape vers l'absorption du cdH par le MR"

Et Paul Magnette (PS) de rajouter une couche ce matin sur les ondes de La Première. Le bourgmestre de Charleroi en veut cruellement au président du cdH d'avoir "créé une véritable crise institutionnelle", tout en regrettant "le manque de cohérence et de dignité" au sein des rangs humanistes. Pour lui, Benoît Lutgen a juste "voulu sauver son parti, avec une manœuvre politique d’un cynisme incroyable". Et c’est même "une étape vers l’absorption du cdH par le MR". Il ajoute encore que "Lutgen devrait faire démissionner ses ministres, s’il ne veut plus que le cdH gouverne avec le PS".

Que faut-il retenir de tout ça? La virulence verbale est de mise mais, concrètement, on fait toujours face à une impasse.

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