"La décision de Benoît Lutgen est courageuse": Charles Michel met son grain de sel dans la crise politique francophone

Dans une interview accordée à la Libre, Charles Michel s'est exprimé sur la crise qui secoue actuellement le paysage politique francophone. Et le Premier ministre affiche clairement sa position: pour lui, Benoît Lutgen a raison de vouloir écarter le PS du pouvoir.

Elio Di Rupo et le PS risquent de grincer des dents en lisant la sortie médiatique de Charles Michel dans la Libre ce jeudi. Car le Premier ministre prend clairement parti dans la crise politique francophone. Et ce n'est pas une surprise, Benoît Lutgen et le cdH peuvent compter sur le soutien de Michel. Le contraire aurait été très étonnant alors que le MR tente actuellement de construire de nouvelles majorités avec les humanistes.

"Attaques injustes et caricaturales"

"Benoît Lutgen n’a pas enclenché une crise mais bien un espoir pour l’avenir du pays, en mettant en place une politique au départ de la Wallonie qui soutient davantage l’activité économique, l’emploi et les investissements", explique le Premier ministre, prenant la défense du président du cdH.

"Je trouve que les attaques ad hominem dont il est aujourd’hui victime sont terriblement injustes et caricaturales. Je retrouve ici, c’est vrai, ce que j’ai moi-même vécu en 2014 lorsque j’ai subi des attaques personnelles. Non, je le répète, la décision de Benoît Lutgen est courageuse car elle est fondée non pas sur un stratego politique, comme certains tentent de le faire croire, mais bien sur une conviction."

Le PTB taclé aussi

Un réel soutien affiché, alors que Lutgen n'avait pas hésité à lâcher Michel il y a trois ans, et que les deux hommes avaient failli en venir aux insultes en direct à la télé en 2011. Mais il faut croire que leurs différends sont derrière eux face à la menace incarnée par le PS... et le PTB, que Charles Michel n'hésite pas à tacler dans son interview.

"Nous sommes ici dans un débat démocratique où des responsables politiques, à un moment donné, font une analyse parce que les circonstances ont évolué. Je vise ici le raisonnement qui ne fait que monter en puissance : cette contagion, au départ du PTB, au sud du pays, c’est le retour du néo-communisme, avec tout ce que cela a de rétrograde sous une façade sympathique. Benoît Lutgen a fait cette analyse et a pris ses responsabilités", ajoute le Premier ministre.

Ce dernier botte par contre en touche au moment d'évoquer de possibles contacts avec Lutgen pour évoquer cette crise politique. Et il refuse également de jouer un rôle pour résoudre le bazar qui règne actuellement. "Écoutez, chacun son job. Aujourd’hui, je suis Premier ministre. Je suis là pour gouverner le pays et pour prendre des décisions. Je n’ai pas l’intention de me substituer aux présidents de partis francophones. Que ces derniers assument leurs responsabilités. Mon rôle, c’est de piloter le comité de concertation", balaye Michel, qui semble donc avoir outrepassé un petit peu son rôle en mettant son grain de sel dans cette crise politique...

Déjà lu?