"Lutgen n'a plus aucune crédibilité politique": Elio Di Rupo sort à son tour la mitrailleuse et le bazar continue

Ça ne vole pas très haut du côté des politiques francophones. Elio Di Rupo est sorti de son silence après les récentes attaques de Benoît Lutgen. Et après avoir rhabillé pour l'hiver son homologue du cdH, il lui conseille fortement de ne pas bloquer les institutions pour éviter une crise politique encore plus profonde. Ambiance...

Les politiques n'ont pas encore officiellement fait leur rentrée, mais ils sont déjà chauds. Il ne se passe pas un jour sans qu'un missile ne soit envoyé dans les médias. Et ce mardi, c'est au tour d'Elio Di Rupo de dégainer.

Le président du PS se faisait plutôt discret dans la crise politique de ces dernières semaines alors que son parti était attaqué de tous les côtés par ses désormais ex-partenaires du CDH.

Mais alors que les humanistes galèrent franchement à convaincre (coucou Ecolo et DéFi), Di Rupo a senti qu'il était temps de mettre les points sur les "i". Parfait timing.

"Aucune pertinence politique"

Dans une interview accordée au Soir, Di Rupo sort du coup la sulfateuse. Et Benoît Lutgen en prend, logiquement, pour son grade. "Il n’a plus aucune colonne vertébrale politique. Il a abandonné toute valeur. Il est dans une opération du sauvetage. Il est devenu un adepte des thèses libérales alors qu’il avait conclu un accord avec le PS", assène-t-il. "Sa nouvelle ligne, c’est la ligne de la parole non tenue, de la déloyauté et du vide politique sidéral. Tout ce qu’il raconte n’a plus aucune pertinence politique. Il n’a plus aucune crédibilité politique."

Di Rupo n'oublie pas non plus le MR d'Olivier Chastel, qui s'est rapidement rangé derrière le cdH dans cette fronde: "Il faut comprendre le MR, qui doit remercier le bon Dieu: tout d’un coup les portes du gouvernement wallon s’ouvrent devant lui…". Sauf que pour l'instant, ces portes sont loin d'être ouvertes. La faute à Ecolo et surtout DéFi. Olivier Maingain a ainsi refusé hier l'invitation du MR et du cdH à discuter de nouvelles majorités Fédération Wallonie-Bruxelles et en Région bruxelloise sans le PS. Pour Maingain, c'est une alliance entre les partis francophone, avec le PS et Ecolo aussi, ou rien. Le cdH et le MR ne voulant absolument pas du PS, il les a vite rembarrés.

Blocage... ou continuité?

Du coup, c'est une situation bordélique. Avec d'un côté le cdH et le MR qui veulent toujours devenir calife à la place du calife. De l'autre Ecolo et DéFi qui n'ont pas l'intention de les suivre aveuglément. Et au milieu le PS, qui doit "gouverner" dans tout ce bordel. Et Elio Di Rupo l'annonce: le PS n'oubliera pas cette trahison.

"Je demande un minimum de respect. Il ne faut pas m’en vouloir mais moi, quand on me donne une claque, je ne tends pas l’autre joue. Il est normal et légitime qu’une formation comme la mienne se défende et réplique quand elle est attaquée de façon aussi infâme", avance-t-il, tout en se disant prêt à continuer à gouverner avec les trois ministres cdH (deux à la Communauté, un à Bruxelles)... s'ils le veulent: "Cela étant, pour ce qui concerne les gouvernements, je n’ai pas de conseil à donner au cdH, mais je demande ici que malgré la crise qu’il a créée, ce parti respecte les institutions. Et qu’au-delà des attaques verbales, on fasse en sorte que les institutions fonctionnent".

Selon les informations du Soir, Benoît Lutgen n'aurait toutefois pas l'intention d'enlever ses ministres, histoire de ne pas laisser le champ libre au PS. "Je ne provoquerai jamais de crise institutionnelle", prévient dans tous les cas Di Rupo. "Notre action dans la crise des 541 jours fut un exemple. Je veux la stabilité de nos institutions même si on ne s’aime pas." Le blocage des institutions donc semble, pour l'instant, exclut de tous les côtés. Mais la continuité sera délicate. Le bazar est loin d'être terminé...

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