Denis Ducarme (MR) soutient  l'Afsca "qui a fait le job" et propose dix mesures pour soutenir le secteur avicole

Après avoir mené une enquête en interne, le nouveau ministre de l'Agriculture affirme que l'Afsca a fait le boulot durant la crise du fipronil. L'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire est pourtant critiquée de toute pour ses décisions et son manque de transparence. Ecolo aimerait d'ailleurs bien la réformer de fond en comble. En attendant, le gouvernement fédéral a proposé dix mesures pour venir en aide au secteur avicole.

"Je ne veux pas être de ceux qui tirent sur les messagers. Ce n’est pas l’Afsca qui a pulvérisé les poulaillers avec du fipronil", voilà ce qu'a déclaré Denis Ducarme à La Libre ce jeudi. Pour lui, l'Afsca "'a fait le job" durant la crise, répondant ainsi aux critiques pourtant nombreuses à l'égard de l'Agence fédérale.

Pas besoin de réforme de l'Afsca?

Carlo Di Antonio, le ministre wallon de l'Environnement n'avait pas hésité à dire que l'Afsca était "un obstacle pour les petits producteurs wallons" et demandait une régionalisation de l'institution. Le député Écolo Georges Gilikinet a lui aussi estimé hier sur les antennes de Bel RTL que l'Afsca était en tort dans la transmission de ses informations, même "si elle n'est pas la seule responsable". Pour le député fédéral, la crise vient prouver que l'Afsca doit dépendre du ministre de la Santé et non du ministre de l'Agriculture: "L’Afsca devrait agir dans une logique de santé publique et pas une logique agricole".

Denis Ducarme admet toutefois que tout n'a pas été parfait. Il entend d'ailleurs mettre en place "un système de protocole au niveau des échanges avec l'Afsca pour s'assurer que la communication soit optimale". Il faut dire que l'État belge a été averti après ses partenaires européens de cette crise sanitaire. Certes, la Belgique a été la première à informer le RASFF (Rapid Alert System for Food and Feed), mais c'était grâce à un contrôle interne d'une des entreprises contaminées.

Les dix mesures du gouvernement

Toujours est-il que le gouvernement fédéral a proposé un plan en dix points pour venir en aide au secteur avicole. Sur les 86 exploitations bloquées au départ 21 le sont toujours. Le manque à gagner est énorme et les éleveurs vont être indemnisés. Mais dans quelle proportion, c'est toute la question? Les éleveurs veulent que ça aille rapidement, ce qui est loin d'être garanti.

On peut citer parmi les mesures les indemnisations donc, la possibilité de se mettre en chômage temporaire, et des facilités en termes de précompte professionnel ou de cotisations sociales. L'argent proviendra des fonds de l'Afsca, ce qui inquiète un peu le ministre René Colin (cdH) le ministre wallon de l'Agriculture: "Y aura-t-il un équilibre entre le nord et le sud?", s'inquiétait-il sur La Première ce matin. Il faut savoir qu'il n'y a que 70 entreprises avicoles en Wallonie, mais que l'immense majorité sont pas industrielles. Il s'agit surtout de petites exploitations bios et en plein air. Le ministre entend ne pas se faire léser.

En attendant, le prix des œufs a inévitablement augmenté. Il était en hausse de 2,5% mercredi. Cette augmentation atteint même les 42% concernant les œufs blancs. C'est clairement la panique dans le secteur. Plus que jamais, ils ont besoin de ces indemnités. Mais aussi de notre soutien.

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