Donald Trump, le "PDG-président" est lâché par les grands patrons et repris par les Bush père et fils

Trump a-t-il commis la bourde de trop? En tout cas, il a été lâché ces derniers jours par plusieurs conseillers économiques d'envergure. Ces démissions en chaîne l'ont poussé à prendre les devants et à dissoudre ses deux principaux groupes de travail. Plus isolé que jamais, le milliardaire vient aussi d'être contredit par deux des plus conservateurs des présidents américains.

Le président américain qui a renvoyé dos à dos suprémacistes blancs et militants antiracistes mardi est on ne peut plus isolé. Depuis plusieurs jours, l'ancien magnat de l'immobilier qui s'est tant vanté de se réussite économique est lâché tour à tour par ses meilleurs conseillés dans ce domaine.

«Il y avait des gens bien des deux côtés», «Je pense qu’il y a des torts des deux côtés», les patrons de 3M, Intel et Merck, entres autres, ont décidé de démissionner suite aux propos polémiques de Donald Trump concernant la manifestation qui a dégénéré à Charlottesville.

"Vous ne pouvez pas me virer, je pars"

Mais dans un dernier élan d’orgueil, le président américain a décidé de dissoudre ses deux principaux groupes de travail chargés de le conseiller en matière économique. Comme à son habitude, il a annoncé sa décision sur Twitter. Les deux groupes étaient toutefois sur le point de se dissoudre. Pour beaucoup d'internautes, il s'agit encore d'une réaction enfantine du président qui veut absolument avoir le dernier mot et masquer son échec. En vérité, le président parait plus faible et plus isolé que jamais.

Trump est accusé d'être trop conciliant avec les néonazis et les suprémacistes blancs de Charlottesville. Et cela s'inscrit dans un contexte déjà tendancieux pour le président. Durant la campagne, il n'avait pas hésité à traiter les Mexicains de "violeurs" et de "criminels". Son papa a aussi été proche du Ku Klux Klan renforçant encore un peu plus les suspicions. Un des seuls qui l'a d'ailleurs félicité pour ses propos polémiques est David Duke, ancien chef du groupuscule raciste, qui a loué son "courage".

En fait, Trump a été trop loin en commettant une faute morale. Bien plus importantes que ses dernières bourdes, il a touché une corde sensible en déterrant les vieux démons de l'Amérique: l'héritage de la guerre de Sécession et la fracture raciale qui en a découlé.

Trois anciens présidents conservateurs contre Trump

Même au sein du parti républicain, ils en ont ras le bol. Nombreux sont les Sénateurs ou les Gouverneurs qui se sont désolidarisés. Ce fut même le cas pour deux anciens présidents pourtant réputés pour leur conservatisme.

"Tous les hommes sont créés égaux; ils sont dotés par le Créateur de certains droits inaliénables", écrivent les deux Bush. "Nous savons que ces vérités sont éternelles parce que nous sommes les témoins de la décence et de la grandeur de notre pays", ont-ils conclu. Ronald Reagan aurait lui aussi pu tenir le même discours. Mort en 2004, l'ancien président conservateur avait tenu un discours ferme en 1981 contre les groupes extrémistes blancs, il réapparait aujourd'hui sur les réseaux sociaux.

On laisse le mot de la fin à John Legend: "Aussi, tu ne peux pas être empêché si tu démissionnes d'abord. Juste une petite pensée". Pour ceux qui n'auraient pas compris, le chanteur et producteur suggère à Trump de démissionner d'abord, puisque la procédure de l'impeachment semble inexorable.

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