Le congé parental a de plus en plus de succès chez les papas en Belgique: petit rappel de ce à quoi tu as droit

Le congé parental a fait un grand pas en avant du côté des papas. En 14 ans, le nombre de pères qui l'ont demandé a été multiplié par 14: soit 42.980 en 2016 contre à peine 3.000 en 2002. Comment expliquer cette évolution? Et est-ce que cette interruption de travail est avantageuse? On fait le point ensemble.

À côté des mamans, les papas aussi ont droit à prendre congé pour profiter davantage de leur(s) petit(s) bout(s). Et d'ailleurs, ils sont de plus en plus nombreux à la faire. Entre 2002 et 2016, le nombre de pères ayant pris un congé parental a complètement explosé.

En 14 ans, ce nombre a été multiplié par 14, selon les chiffres de l'Onem que l'on peut lire dans les colonnes du Soir ce mercredi. Autrement dit, l'année dernière, ils étaient au total 42.980 papas à avoir diminué leur temps de travail, la plupart optant pour un 4/5e plutôt qu'un temps plein. Alors qu'ils n’étaient même pas 3.000 en 2002.

Ce chiffre est toutefois à relativiser en regard du nombre de mères qui ont aussi pris ce congé parental. En 2016, elles étaient ainsi 100.668. Mais il faut noter que l'écart entre les deux tend à se réduire. Au début des années 2000, 91,6 % des congés parentaux étaient pris par des mamans, alors qu'aujourd'hui, 30 %, voire 31 % selon les premiers chiffres de 2017, est pris par des papas. Qui sont ceux qui franchissent le pas? Principalement, les pères entre 20 et 40 ans, toujours selon les données du Soir.

Évolution des mentalités

Mais quelles sont les raisons à cette évolution? Laura Merla, directrice du Centre interdisciplinaire de recherches sur les familles et les sexualités (UCL), interrogée par Le Soir, cite là plusieurs éléments liés à un changement de mentalité: une perception différente de la valeur du travail (qui n'est, en moyenne, plus la priorité n°1 chez les jeunes générations), la précarisation croissante du monde du travail et la multiplication d’horaires de plus en plus incompatibles avec la vie de famille, la multiplication des divorces et de la garde partagée, ou encore une disponibilité moins importante des grands-parents (dû au recul de l'âge de la pension, qui est aujourd'hui de 65 ans).

La Ligue des Familles, également questionnée par Le Soir, avance une dernière raison: certains optent, en fait, pour le congé parental "à défaut", afin de compenser le moment entre la fin du congé de maternité et la première entrée à la crèche de l'enfant.

Le congé parental en pratique

Qu'est-ce donc exactement? Et à combien de jours précisément as-tu droit? Tout d'abord, il faut savoir que le congé parental existe en Belgique depuis 1997. Cette mesure permet aux parents de jeunes enfants (y compris ceux qui adoptent) de suspendre leur contrat de travail ou de prester à temps partiel pendant plusieurs mois. Que tu travailles dans le secteur public ou privé. Mais tu dois tout de même avoir acquis un an d'ancienneté dans la même boîte. Par contre, les indépendants n'y ont hélas pas droit.

Plusieurs solutions s'offrent à toi: tu peux soit décider d'interrompre totalement le boulot pendant 4 mois, soit te mettre à mi-temps pendant 8 mois, soit encore prendre un jour de congé par semaine (l'option 4/5e) pendant 20 mois. Pour cela, tu dois prévenir ton employeur au minimum 2 mois à l'avance. Ce dernier peut postposer ton congé de 6 mois, mais ne peut en aucun cas le refuser. À côté, il existe également un congé de paternité, qui est lui de dix jours. Côté argent, tu as droit à une allocation d'interruption forfaitaire versée par l'Onem (l'Office national de l'Emploi): 735 euros net en cas d'interruption complète, 339 euros en cas de mi-temps et 115 euros si tu optes pour le 4/5e.

L'âge de l'enfant est aussi déterminant pour ton congé parental: tu ne peux le prendre que si ton enfant a moins de 12 ans, ou 21 ans s'il est atteint d'une maladie ou handicap grave. À noter que cette limite d'âge a été rehaussée en 2009, puisqu'il était de 4 ans en 1997 puis de 6 ans 2005. Parallèlement, en 2002, la possibilité de diminuer de 1/5e son temps de travail et de fractionner son congé parental sont entrés en vigueur. Et le montant des allocations a également augmenté depuis. Pour la suite, le gouvernement actuel veut le rendre encore plus flexible: 1/10e, donc une demi-journée par semaine ou une journée toutes les deux semaines de travail. Mais rien n'est encore abouti.

La Belgique, mauvais élève

Si l'on regarde du côté de la Suède, la première à avoir instauré le congé parental en 1974, les parents ont droit à un congé de 16 mois, rémunéré à 80 % du salaire et à prendre avant les 8 ans de l'enfant. Sur ces 16 mois, chaque parent (y compris le père, donc) est obligé de prendre deux mois.

Au Portugal, il existe carrément un congé de paternité obligatoire de 15 jours, depuis 2016. Le congé de maternité est confondu avec un congé de petite enfance, qui peut aller de 17 à 21 semaines et qui est rémunéré à 80 voire 100 % du salaire. La maman est obligée de prendre 6 semaines à la naissance du bébé, le reste peut être partagé avec le papa.

Dans ce domaine, la Belgique n'est donc franchement pas au top.

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