Il était temps: des mesures vont permettre de lutter contre les discriminations à l'entrée des boites de nuit à Bruxelles

Depuis plusieurs années, la  députée bruxelloise Fatoumata Sidibé (Défi) se bat contre les discriminations à l'entrée des boites de nuit. Elle a remporté une précieuse victoire en faisant voter une proposition de résolution en commission. Et des mesures sont désormais attendues.

C'est une situation à gerber que tu as peut-être déjà rencontrée au moment d'aller en boite avec des potes de couleur: au moment de vouloir entrer, ton pote se fait recaler, pour un prétexte qui te semble bidon. Des discriminations horribles contre lesquelles la députée bruxelloise Fatoumata Sidibé (DéFi), qui a déjà connu ce genre de situation par le passé, tente de lutter depuis des années.

"Beaucoup de jeunes sont victimes de discrimination à l’entrée des discothèques, souvent parce qu’ils sont noirs ou arabes. La plupart du temps, ils ne protestent pas. Ils essayent juste d’aller ailleurs", regrette-t-elle dans la Capitale. Elle vient de remporter une bataille avec une proposition de résolution votée en commission. Alors bien sûr, il reste encore pas mal de chemin à parcourir pour que ce genre de pratiques dégueulasses disparaissent. Mais il va désormais y avoir de nouvelles armes contre les discriminations.

Caméras, numéro de téléphone...

Un numéro de téléphone pourrait être mis en place, pour permettre aux personnes se sentant victimes de discriminations de les dénoncer via un SMS. Des caméras de surveillance pourraient aussi être installées, pour repérer les établissements discriminatoires, ou alors les conditions d'accès (avec par exemple les tenues vestimentaires acceptées) à la boite de nuit pourraient être plus clairement affichées à l'entrée.

La grosse nouveauté sera toutefois l'instauration du renversement de la charge de preuve. En clair, si un client accuse une boite de nuit de discrimination à l'entrée, c'est à la boite de nuit de prouver qu'elle n'a pas fauté. Jusqu'à présent, c'était au client de prouver qu'il y avait bien eu discrimination. "Même si la plainte aboutie, c’est le portier qui est mis en cause et non pas le gérant de la boîte de nuit", regrette toutefois Fatoumata Sidibé, qui se veut optimiste: "Dans le futur, on pourrait même aller plus loin et instaurer une sorte de label diversité. Les établissements souhaitant lutter contre la discrimination pourraient en faire partie".

Tout ça c'est bien beau, mais il faudra encore attendre un peu avant que ce soit mis en place: cela pourrait prendre encore un an ou deux. Et durant ce laps de temps, pas sûr que les discriminations à l'entrée des boites de nuit baissent...

Déjà lu?