Stuttgart, la ville la plus sale d'Allemagne, interdit les voitures au diesel: est-ce possible à Bruxelles?

À Stuttgart, il sera bientôt interdit de traverser le centre avec une voiture diesel. La mesure a été introduite parce que les émissions sont nocives et ne baissent pas. Mais il semble que Bruxelles soit encore plus polluée que la ville allemande. C'est pourquoi Greenpeace et Frans Fierens (directeur de la Cellule Interrégionale de l'Environnement) demandent une interdiction similaire en Belgique. Est-ce réaliste? Newsmonkey a interrogé Touring.

Les voitures qui tournent au diesel seront dès l'année prochaine interdites dans le centre de la ville allemande de Stuttgart. C'est ce qu'explique le média allemand Tagesschau. "La santé de nos citoyens passe avant le droit de propriété et la liberté des propriétaires de voitures", conclut le tribunal de Stuttgart.

Jürgen Resch, responsable de l'organisation de défense de l'environnement et des consommateurs Deutsche Umwelt Hilfe, a intenté un procès il y a deux ans au gouvernement du Bade-Wurtemberg parce que l'État allemand ne faisait rien pour réduire les émissions de particules et de dioxyde d'azote nocif (NO2). Chaque année, les normes de qualité de l'air sont largement franchies, ce qui a valu à Stuttgart la réputation de la "ville la plus sale" d'Allemagne. Rappelons que ces émissions élevées sont souvent à l'origine de maladies cardio-vasculaires et de problèmes respiratoires.

Resch a pointé le diesel comme grand coupable et le tribunal lui a donné raison. "Depuis 2010, le gouvernement manque à son devoir de réduire les émissions", a déclaré le juge Wolfgang Kern. "L'interdiction [pour les voitures diesel] est juridiquement exécutoire et est une mesure proportionnée." "Ceci est un message clair pour les constructeurs automobiles", a renchéri Resch. "On ne pourra plus vendre de voitures diesel polluantes."

"Mise à jour insuffisante"

Après le scandale du Dieselgate chez Volkswagen, il apparaît que les constructeurs allemands ont falsifié les vrais chiffres relatifs aux émissions de leurs véhicules. Le gouvernement fédéral allemand et celui de nombreux États espèrent que des ajustements techniques imposés à ces voitures seront suffisants pour réduire ces émissions.

Mais le tribunal de Stuttgart n'est pas du même avis. "L'interdiction est la seule façon de purifier l'air dans la ville. Mettre à jour les voitures ne suffit pas".

Bruxelles encore plus "sale"

En termes de pollution atmosphérique, Bruxelles serait encore pire que Stuttgart. Pourquoi ne votons-nous pas une interdiction similaire? S'interroge le journal De Morgen. Greenpeace et Frans Fierens, directeur de la Cellule Interrégionale de l'Environnement, pensent également que pour 2020, toutes les voitures au diesel devraient être interdites dans les villes belges. "L'Europe a fixé la limite de NO2 à 40 mg par mètre carré et par an en 2010. L'Agence flamande de l'Environnement effectue des mesures régulières et nous avons constaté qu'en Flandre, nous sommes régulièrement au-dessus de la limite dans de nombreuses zones", explique Fierens.

FEBIAC, la Fédération Belge de l'Automobile et du Cycle, est complètement opposée à l'interdiction du diesel. La compagnie Touring également. "Ce n'est pas réaliste", confie le porte-parole de Touring à newsmonkey. Pour lui, la proposition de Greenpeace et Fierens est "utopique". "C'est quelque chose qui doit être planifié et préparé étape par étape. Tu ne peux pas obliger quelqu'un à acheter une nouvelle voiture. La date butoir est trop proche et, en plus de cela, la proposition n'a rien de social. C'est même plutôt dictatorial. Lorsqu'une mesure pareille est introduite, il doit y avoir plus d'alternatives. D'ailleurs, l'industrie automobile évolue constamment. Les fabricants travaillent constamment à améliorer leurs véhicules dans ce domaine."

Smagghe a souligné que Touring soutient les initiatives vertes, comme les "zones à faible émission à Anvers".

Déjà lu?