Le vaccin préventif contre le sida connait un nouvel espoir grâce à un labo belge

L'espoir renaît. Les résultats d'un vaccin préventif contre le sida ont été présentés lors du 9e Congrès mondial du sida. Des résultats accueillis très favorablement mais avec prudence, tant les vaccins précédents se sont révélés être de lourds échecs. Les tests sont néanmoins concluants tant chez les primates que chez les volontaires, qui ont tous produit des anticorps. Explications.

La plupart de 7.000 scientifiques qui se penchent sur la problématique du sida étaient présents lors du 9 Congrès mondial du sida qui se déroulait à Paris. Ils ont été bluffés par les résultats provenant directement d'un laboratoire belge, Janssen Vaccines, absorbé depuis par le géant américain Johnson & Jonhson.

Il s'agit d'un vaccin préventif qui surpasse tous les médicaments qu'il peut exister de nos jours. Sur les 393 volontaires qui ont reçu l'injection, tous, sans exception, ont produit des anticorps contre le virus, note Le Soir. Chez les primates, ce vaccin a permis d'empêcher l'infection chez les deux tiers de l'échantillon. Dans certaines études précliniques, le risque de transmission a été réduit de 94%.

Un rhume

Mais comment ça marche? Sans entrer trop dans les détails, ce vaccin expérimental consiste à mettre en éveil le système immunitaire avec un banal virus du rhume. On le dope ensuite avec une protéine se trouvant dans l'enveloppe du VIH, ce qui déclenche une réaction vigoureuse de l'organisme, explique Futura Santé. Il y a aussi un ajout d'aluminium, un apport toujours très controversé quand il s'agit de vaccin.

Peut-on se montrer positif vis-à-vis de ce vaccin? A-t-il des chances de fonctionner chez l'homme et en masse? De l'aveu même d'un des principaux auteurs de la recherche, "on ne sait pas encore si ce vaccin protègera les humains. Mais le fait que les anticorps ont protégé les singes et que les humains en produisent de comparables justifie de mener une étude d’efficacité à plus grande échelle", explique le professeur Dan Barouch, qui est aussi directeur du Centre de recherche sur la virologie à Harvard.

50% de taux de réussite, suffisant?

La suite du programme devrait être une deuxième phase de tests sur des individus présentant un risque élevé de contamination. Cette vague de tests pourrait avoir lieu déjà pour fin 2017 dans des pays du sud de l'Afrique. La prévalence du virus est telle qu'on pourra plus facilement mettre en évidence des bénéfices. Au bout du compte, on peut espérer voir apparaître un vaccin qui pourrait influencer l'épidémie qui dure depuis plus de 35 ans. "Même si on obtient une efficacité de 50 % à 60 %, cela aurait un impact majeur sur la pandémie", affirme Anthony Fauci, expert mondial du sida.

On pourrait néanmoins descendre à une efficacité de 30 à 40% pour le premier vaccin. A l'heure où ceux-ci sont de plus en plus remis en cause, qui acceptera de prendre un vaccin avec un tel taux de réussite? C'est toute la question.

En 2016, un million de personnes ont perdu la vie à cause du sida. 36,7 millions sont toujours contaminées.

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