L'être humain pourrait-il un jour ne plus se reproduire? La qualité du sperme s'est dangereusement détériorée

La revue anglaise "Human Reproduction Update" a publié mardi les résultats de 185 études très sérieuses réalisées sur près de 40 ans. Sa conclusion est sans appel: la concentration du sperme des hommes du monde entier a chuté de moitié et est donc de moins bonne qualité. Les conséquences pourraient se ressentir très vite sur les générations futures.

L'être humain pourrait-il un jour ne plus être capable de se reproduire? La question mérite d'être posée, suite à la nouvelle étude de large ampleur publiée hier dans la revue Human Reproduction Update, qui appartient à la très sérieuse Université d'Oxford.

Les auteurs ont réalisé en tout 185 études entre 1973 et 2011 sur des hommes venant d'Amérique du Nord, d'Europe, d'Australie et de Nouvelle-Zélande. Avant de tirer ce constat alarmant: le taux de spermatozoïdes a chuté de 59,3 % en à peine 40 ans. Cela signifie que le nombre moyen de spermatozoïdes est passé de 99 millions par millilitre de sperme à 47 millions. Par contre, cette diminution n'a pas été observée en Amérique du Sud, en Asie et en Afrique, mais les chercheurs spécifient qu'ils ont réalisé beaucoup moins d'analyses dans ces régions.

Pas de panique, ce niveau reste toutefois une concentration "normale", laquelle doit être équivalente ou supérieure à 15 millions de spermatozoïdes par millilitre, selon les paramètres du spermogramme fixés par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Mais la tendance pourrait, selon les chercheurs, se poursuivre dans cette direction, puisqu'elle a été en déclin constant au cours de leurs études.

Stress, tabac, régimes, pesticides...

La grande question est à quoi est-ce dû? Les causes de cette détérioration ne sont pas tout à fait claires, mais les chercheurs en avancent déjà quelques-unes: l'exposition aux produits chimiques (tels que les pesticides et le plastique), l'obésité, le tabac, le stress, ou encore une alimentation déséquilibrée. Tant de perturbateurs endocriniens qui se trouvent directement dans notre environnement et qui chamboulent notre organisme. Ce que d'autres études doivent encore bien sûr confirmer.

Interrogé par la BBC, l'auteur principal de l'étude, le docteur Hagai Levine se dit tout de même "très inquiet" pour l'avenir. Selon lui, l'espèce humaine pourrait être amenée à disparaître si le mouvement continue dans ce sens. Or, il ajoute que rien ne semble indiquer que la tendance pourrait s'inverser un jour ou l'autre. Croisons les doigts pour que l'évolution joue de nouveau en notre faveur...

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