Objectif 2030: le virus du Sida pourrait disparaitre dans moins de 20 ans à condition de maintenir les efforts

L'humanité verrait-elle le bout du tunnel dans sa guerre contre le sida? Ce n'est pas encore pour demain mais il y a des raisons d'être optimiste. En effet, l'Onu-sida a publié ce jeudi des chiffres qui sont assez réjouissants: le virus pourrait être éradiqué d'ici 2030 mais à certaines conditions. 

Le virus du VIH est au mauvaise posture et on ne va pas le plaindre! La nouvelle nous vient de Michel Sidibé, directeur général de l'Onu-sida (le programme commun des Nations Unies sur le VIH-sida impliquant onze institutions de l’Onu dont l’Unicef, l’Unesco et l’OMS), qui a présenté un nouveau rapport concernant le VIH dans le monde. Sidibé est optimiste: "L’épidémie du sida peut être éradiquée d’ici 2030."

Pour faire de telles déclarations, c'est qu'il y a des éléments encourageants. Par contre, il y a encore des choses à améliorer pour se débarrasser complètement du virus, on fait le point.

Le nombre décès a été divisé par deux depuis 2005

Il y a trois bonnes nouvelles à souligner. Tout d'abord, on se rapproche de l'objectif "90-90-90" fixé en 2014. En quoi ça consiste? L'objectif est d'atteindre, d'ici 2020, trois paliers différents. D'abord, il faut que 90 % des personnes porteuses du VIH soient informées de leur séropositivité. Ensuite, 90 % des personnes diagnostiquées séropositives doivent pouvoir bénéficier d’une thérapie antirétrovirale soutenue. Et enfin, 90 % des personnes ayant accès à ce traitement doivent être viro-inactivées. Alors où on se situe actuellement? On est dans un 70-77-82, c'est un constante hausse mais il y a encore quelques petits efforts à faire d'ici 2020.

Deuxième bonne nouvelle: le nombre de décès liés au virus du sida a diminué de moitié depuis 2005. Malheureusement, un million de personne ont tout de même perdu la vie en 2016 à cause du VIH. Enfin, la troisième bonne nouvelle c'est que le taux d'infection chez les enfants est en nette baisse. De 300.000 en 2010 à 160.000 en 2016!

L'Europe de l'Est, le mauvais élève

On aborde à présent les mauvais points, ceux à améliorer pour atteindre l'objectif fixé pour 2030. Même si la progression vers les 90-90-90 est globalement bonne, il y a encore des régions du monde où ce n'est pas suffisant. C'est le cas au Moyen-Orient, Afrique du Nord, en Europe de l'Est et en Asie centrale. Au moins, on sait où concentrer les efforts.

Deuxièmement, les nouveaux cas d'infection diminuent mais pas assez dans certaines régions du monde comme l'Europe de l'Est et l'Asie Centrale. L'est de l'Europe est clairement le mauvais élève du globe. Ces mauvais chiffres sont liés, entre autres, à la consommation de drogue en hausse dans cette région du monde. Enfin, la troisième mauvaise nouvelle concerne une certaine discrimination dans l'accès aux traitements. Par exemple, seulement 43% des enfants porteurs du VIH ont accès à un traitement contre 54% des adultes. De plus, le rapport de l'Onu-sida montre que les jeunes de 15-24 ans sont encore trop laissés pour compte.

En 2016, on a compté 1,8 million de nouvelles infections. C'est beaucoup mais c'est moins que l'année précédente. En fait, ce chiffre diminue chaque année. Par contre, il faudra faire plus d'efforts si l'on veut atteindre le chiffre de 550.000 nouvelles infections en 2020.

Les solutions de l'Onu-sida

L'Onu-sida fournit deux pistes. Une concernant les infrastructures: il faut "fournir des services plus près des habitations et des lieux de travail sera un facteur clé d’éradication". L'autre touche les moyens financiers: "Nous estimons que 26 milliards de dollars US (environ 23 milliards d'euros) sont nécessaires pour la réponse mondiale au VIH d’ici 2020" explique le directeur d'Onu-sida. "Nous maximisons l’utilisation de chaque dollar disponible, mais il nous manque toujours sept milliards avant 2020"..

Dépenser 7 milliards pour se débarrasser d'un virus qui a contaminé 76,1 millions de personnes depuis les années 80 et qui a provoqué la mort de 35 millions d'entre eux, ça vaut le coup non?

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