"Nous arracherons la tête de ces traîtres", voilà ce qu'Erdogan promet un an après le putsch raté

Des dizaines de milliers de Turcs ont commémoré le putsch militaire avorté d'il y a un an. Le président turc Erdogan en a profité pour faire une promesse inquiétante. Il a déclaré qu'il allait "arracher la tête de tous les traîtres du pays". Pour le moment, Erdogan suspecte plus de 50.000 personnes. Et plus alarmant encore, la ré-instauration de la peine de mort semble bel et bien planifié en Turquie. 

Depuis le putsch militaire qui s'est passé il y a un an en Turquie, 150.000 fonctionnaires ont été mis à la porte et plus de 50.000 personnes sont suspectées d'être liées au coup d'État

Selon des critiques à l'intérieur et à l'extérieur de la Turquie, les licenciements et les arrestations sont deux moyens utilisés afin de dissuader les dissidents.

Mais aussi, Erdogan a bien plus de pouvoir depuis avril, car 51,4% des votes lors du référendum en Turquie étaient en faveur de la modification de la constitution.

Erdogan a prévenu la foule à Istanbul que les tentatives afin de l'anéantir allaient être de plus en plus nombreuses. Il a aussi affirmé que, si le parlement le voulait, il allait ré-instaurer la peine de mort.

Gülen

Selon Erdogan, c'est l'organisation spirituelle de Fethullah Gülen qui a manigancé le putsch d'il y a un an. Le Premier ministre, Yildirim, pense la même chose et il veut poursuivre la lutte contre les partisans de Gülen "jusqu'à ce qu'ils aient tous disparus". Les 50.000 personnes qui se sont fait arrêter après le coup d' États ont, selon le gouvernement, des membres du clan Gülen.

Les personnes qui étaient présentes sur le pont de Bosphore il y a un an ont demandé le retour de la peine capitale pour les victimes.

Le pont de Bosphore

Des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées sur le pont à Istanbul. Il y a un an, 34 personnes sont décédées après s'être fait tirer dessus après le putsch raté. Le but était de renverser le président Erdogan. Des personnes venant de différents endroits en Turquie sont venues admirer le nouveau monument dédié aux victimes d'il y a un an.

Des milliers d'autres sont venus en ferry. Certains d'entre eux portaient des cordes autour de leur cou afin de symboliser la peine de mort.

Le 15 juillet 2016, des militaires ont bloqué le pont du Bosphore, maintenant appelé le pont des Martyrs du 15 juillet, avec des tanks. Les gens se sont précipités sur le pont afin de lutter contre le putsch et c'est alors que les militaires ont tiré des coups de feu. 250 personnes sont décédées suite à cela.

Le président Erdogan était présent pour l'inauguration du monument dédié aux morts. 250 lampes ont été placées sur le pont, une pour chaque victime.

Critiques

Il y a eu beaucoup de critiques à l'encontre d'Erdogan lors de la session extraordinaire du Parlement, là où le soulèvement contre Erdogan a été commémoré. Les partis de l'opposition ont fortement critiqué les arrestations massives qui ont été mises en place après le coup d'Etat. Pour eux, c'est clairement abusif.

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